Gouvernance de la sécurité alimentaire

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Les agricultures familiales détiennent un potentiel immense pour répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, d’équité sociale et de durabilité environnementale. Pour exploiter ce potentiel il est indispensable d’impliquer de manière systématique les représentants des agricultures familiales dans le processus d’élaboration des politiques agricoles et d’autre part, de permettre aux États de disposer de marges de manœuvre suffisantes pour les appliquer.

La crise alimentaire de 2007-2008 a mis en exergue la nécessité de réformer la gouvernance mondiale sur la sécurité alimentaire. Cela s’est traduit en 2009 par la réforme du Comité sur la Sécurité Alimentaire Mondiale (CSA) , organisme intergouvernemental créé en 1974 et intégré au  système des Nations-unies, avec l’objectif d’en faire le forum de coordination des politiques agricoles et alimentaires mondial.

Le CSA est un espace unique dans le système des Nations Unies puisqu’il inclut l’ensemble des acteurs impliqués sur les questions agricoles et alimentaires : les organisations internationales (FAO, FIDA, PAM), les Etats, la Recherche, le Secteur privé et les organisations paysannes, non gouvernementales et les mouvements sociaux regroupés au sein du Mécanisme de la Société civile (composé de 11 groupes  représentant les différentes parties prenantes  (organisations d’agriculteurs et agricultrices, de  pêcheurs et de pêcheuses, communautés  indigènes, ONG…).  Le CSA constitue ainsi une enceinte ouverte, au sein de laquelle les organisations de la  société civile peuvent faire entendre leur voix et, dans une certaine mesure, influencer l’orientation  des débats. De fait cette instance gagnera en légitimité d’autant plus que les différents acteurs non étatiques occuperont l’espace qui leur y est offert.

Depuis 2009, de nombreux sujets en haut de l’agenda international ont fait l’objet de travaux spécifiques parmi lesquels les régimes fonciers et les investissements dans agriculture, le genre dans les enjeux de sécurité alimentaire, la volatilité des prix agricoles, l’enjeu climatique… .

Face à la multiplication des espaces traitant de sécurité alimentaire ces dernières années (G8, G20, Rio+20,…), il est déterminant aujourd’hui de réaffirmer la place centrale du CSA dans ces réflexions, espace unique de par son format inclusif et participatif, garant de la cohérence et du suivi des décisions internationales.