Régularisation des marchés et volatilité des prix

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speculation-crise-alimentaire-biocarburantsCes dernières années, on observe une volatilité importante des cours mondiaux des produits agricoles et alimentaires, et en particulier des céréales, avec notamment les flambées de prix de 2008 qui ont provoqué des émeutes importantes dans certaines villes des pays du Sud.

Les marchés agricoles sont par nature instables. La volatilité des prix dans les pays du Sud a été accrue par la libéralisation de certains marchés nationaux et régionaux qui deviennent ainsi directement soumis à la volatilité des cours mondiaux. Au niveau mondial, la volatilité s’est trouvée renforcée par :

–       la diminution des niveaux de stocks des grands pays exportateurs,

–       le développement des usages énergétiques des produits agricoles (agrocarburants) qui a accru la demande de produits agricoles et a contribué à ce que la hausse du prix des hydrocarbures se répercute sur les prix agricoles,

–       la financiarisation des marchés agricoles et les phénomènes de spéculation.

Face à la volatilité des prix, il importe de favoriser la mise en place de mécanismes de régulation des marchés au niveau régional (politiques commerciales, stocks régulateurs) et au niveau mondial.

Agrocarburants

La production et la consommation d’agrocarburants industriels ont des impacts négatifs très lourds sur la sécurité alimentaire des pays en développement. La promotion des agro-carburants par des politiques de soutien, notamment celles de l’Union européenne dans le cadre de la directive Energies renouvelables (adoptée dans le cadre du paquet « énergie-climat ») de 2009, accélère le phénomène d’accaparement des terres dans le monde. On estime en effet que près des deux tiers des terres accaparées le sont pour produire des agrocarburants. Par ailleurs, la production d’agrocarburants aggrave l’insécurité alimentaire en poussant les prix alimentaires à la hausse et en aggravant leur volatilité. Enfin, le développement des agrocarburants constitue une menace pour la biodiversité et l’environnement puisque les changements d‘affectation des sols engendrés, ainsi que les méthodes intensives de production favorisent l’émission de gaz à effet de serre, à l’inverse des effets attendus de leur consommation. Le HLPE vient de publier un rapport intitulé Agrocarburants et sécurité alimentaire, qui sera débattu lors de la session plénière du CSA en octobre 2013.

  • La C2A demande à la France et à l’UE de mettre fin aux objectifs et aux mécanismes de soutien aux agrocarburants industriels, de reconnaitre les impacts négatifs des agro-carburants à la fois sur le climat et sur la sécurité alimentaire mondiale.

Spéculation et financiarisation des marchés agricoles

La spéculation et la financiarisation des marchés agricoles ont aussi un effet important sur la volatilité des prix. Les États Unis et l’Union européenne ont longtemps joué sur leurs stocks ce qui a permis de facto dans le temps de réguler les marchés agricoles, mais ces surplus sont écoulés aujourd’hui créant des opportunités élevées de spéculation. Plus encore que sur ces actifs physiques, les opérateurs publics et privés jouent aujourd’hui sur les produits financiers dérivés, pourtant inventés au démarrage pour permettre des couvertures de risques pour les producteurs (type mécanisme assurantiel)…

S’il est impossible de calculer précisément l’influence des phénomènes spéculatifs sur les flambées de prix, le lien entre les deux phénomènes est aujourd’hui indiscutable. Il est donc nécessaire de mettre en place des mécanismes de régulation efficaces.

 

La C2A avec les mouvements paysans  estiment qu’il est nécessaire :

  • D’encadrer et de fixer des limites de position aux marchés financiers agricoles
  • De reconstituer les stocks mondiaux et de permettre des interventions publiques sur l’offre et la demande