Le secteur des ONG françaises

Le secteur des ONG françaises

L’image véhiculée par les médias des « ONG » donne souvent l’impression d’un secteur monolithique. La réalité est bien évidemment tout autre. La notoriété de quelques grandes organisations françaises de solidarité internationale, liée au renom des « French doctors », comme Médecins du monde ou de la forte présence médiatique d’Action contre la faim ou Handicap International, ne rend pas compte de la grande diversité d’approches des organisations de solidarité internationale.

Qu’est-ce qu’une ONG ?

Cette simplification est tout d’abord, comme dans beaucoup de domaines, la conséquence de flous sémantiques. Ainsi, le terme « ONG » donne lieu à de nombreuses interprétations, pour certaines erronées.

Il n’existe aucune base juridique (et a fortiori aucun organisme d’enregistrement des ONG) qui permette de dire si telle organisation est, ou non, une ONG. Formulé pour la première fois en 1945 par le Conseil économique et social (Ecosoc) de l’ONU, le terme d’ONG visait initialement à distinguer les organisations gouvernementales des organisations non gouvernementales, qu’il était alors convenu d’associer aux discussions sur quelques questions internationales. Aujourd’hui, certains gouvernements considèrent même que tout ce qui n’est pas géré au niveau gouvernemental est par définition non gouvernemental : il en serait ainsi, par exemple, des entreprises ou des syndicats.

En France, la perception la plus répandue des ONG reste cependant celle de structures non lucratives, issues d’une mobilisation militante et citoyenne à caractère privé, agissant pour des causes sociales (généralement dans trois principaux domaines : solidarité internationale, droits de l’Homme et environnement), avec une dimension internationale. Sur le plan strictement juridique, l’essentiel de ces organisations sont des associations loi 1901 (quelques rares organisations ont le statut de fondation, comme la fondation France Libertés par exemple).

Un autre terme, « humanitaire », est également source de confusions. Il n’existe pas de définition unique de ce qu’est une action humanitaire. Par ailleurs des États mènent eux aussi des opérations humanitaires, brouillant davantage les repères. En fait, le terme d’« humanitaire » regroupe des réalités très différentes : trop souvent limité aux actions d’urgence, il comprend par ailleurs l’appui au développement pour les populations les plus vulnérables (au Nord comme au Sud). Au terme souvent réducteur d’organisations humanitaires, les acteurs français préfèrent donc en général l’appellation d’organisations de solidarité internationale.