Accompagner les travailleurs humanitaires pour mieux inclure les personnes handicapéesPublication des directives IASC sur l'inclusion des personnes handicapées dans l'action humanitaire

Publiées le 12 novembre 2019, les premières directives du Comité permanent inter-agences (IASC) sur l’inclusion des personnes handicapées dans l’action humanitaire aideront les acteurs des secteurs de l’aide humanitaire, du développement et du handicap à concevoir et à mettre en œuvre des actions essentielles pour l’inclusion des personnes handicapées.

Ces directives ont été élaborées au cours d’un processus de consultation multipartite de trois ans. Le projet a été mené par des personnes handicapées et leurs organisations respectives en partenariat avec des acteurs humanitaires et plus de 600 experts. Une équipe spéciale, créée en juillet 2016 et dirigée par Handicap International (HI), l’International Disability Alliance (IDA) et l’UNICEF, a coordonné les travaux.

Le 3 décembre, HI, IDA et CBM publient également un recueil de 39 pratiques de terrain inclusives des personnes handicapées dans la préparation et la réponse humanitaires, et durant les efforts de reconstruction, dans 20 pays d’intervention. Ce rapport a pour objectif de soutenir l’adoption des directives du IASC sur l’inclusion des personnes handicapées dans l’action humanitaire.

Le recueil d’études de cas montre qu’une action délibérée et proactive est nécessaire pour que les personnes handicapées de tous pays soient systématiquement incluses et participent de manière significative aux efforts de réduction des risques de catastrophe, aux programmes de préparation, de réponse humanitaires et à la reconstruction. Ce recueil tire les enseignements de pratiques de terrain et complète les orientations et stratégies pratiques énoncées dans les lignes directrices du IASC.

Les obstacles pour accéder à l’aide humanitaire

Lors d’une crise, les personnes handicapées sont souvent exposées à des risques disproportionnés, comme à l’exploitation humaine, à la violence et à des actes criminels. Pendant un déplacement de population, par exemple, elles risquent de perdre leurs biens, n’ont pas un accès équitable aux infrastructures d’urgence mises en place ou aux informations sur la sécurité.

Lors d’une catastrophe naturelle, d’un conflit ou d’un déplacement massif, etc., les personnes handicapées sont souvent ” laissées de côté ” lors de l’évaluation des besoins ou de la planification de l’aide. Elles se heurtent à de nombreux obstacles pour accéder à l’aide humanitaire (longues distances, environnement difficile pour se déplacer et accéder à un point de distribution alimentaire, par exemple).

Les obstacles peuvent également être dus à des attitudes négatives : stigmatisation à la mauvaise compréhension de l’attitude d’une personne handicapée, absence de mode de communication adapté (langue des signes), exclusion des personnes handicapées des décisions concernant la vie dans un camp de réfugiés.

Intérêt croissant pour l’inclusion

Les organisations humanitaires manifestent un intérêt croissant pour l’inclusion des personnes handicapées, mais elles doivent développer davantage d’outils pratiques et mettre à profit les compétences du personnel de première ligne pour identifier et inclure les personnes handicapées dans les services de préparation et d’intervention d’urgence. Très souvent, le personnel a besoin d’une formation ou d’un soutien supplémentaire pour cerner les besoins des personnes handicapées, prendre des mesures d’adaptation et non seulement éliminer les obstacles, mais aussi utiliser leurs capacités.

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