Budget 2020 : les promesses sur la solidarité internationale en danger

Budget 2020 : les promesses sur la solidarité internationale en danger

Paris, le mardi 22 octobre 2019 Les premières discussions autour de la taxe sur les transactions financières (TTF), taxe qui finance une partie importante de la politique française de solidarité internationale, ont pris fin la nuit dernière. En refusant d’augmenter son taux et la part de son affectation à la solidarité internationale, les député·e·s sont passé·e·s à côté d’une occasion unique de lutter plus vigoureusement contre les inégalités mondiales.

La France s’éloigne par conséquent un peu plus de l’engagement pris par Emmanuel Macron au début de son quinquennat : consacrer 0,55 % de la richesse nationale à la solidarité internationale. « Alors que le Président Macron continue de crier haut et fort son ambition d’atteindre la cible des 0,55 %, les ONG sont de plus en plus dubitatives quant à la capacité du gouvernement d’atteindre cet objectif. Or, ces derniers temps la France a fait des annonces importantes traduisant sa volonté d’investir plus dans la solidarité internationale, comme récemment pour le Fonds de lutte contre le sida, le paludisme et la malaria, ou dans les prochains jours pour le Fonds vert. », précise Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France et administratrice de Coordination SUD.

« Nous attendions donc légitimement un geste fort à l’Assemblée nationale démontrant la capacité du gouvernement à respecter ces différents engagements, à travers le rehaussement de la taxe sur les transactions financières. Malheureusement ni le gouvernement, ni les député·e·s n’ont saisi cette opportunité unique lors de l’examen en première lecture de la loi de finances pour 2020 », regrette Gautier Centlivre, responsable plaidoyer de Solidarité Sida et chef de file de la commission Aide publique au développement et financement du développement de Coordination SUD.

La balle est dans le camp du gouvernement et du Sénat en 2e lecture : « Afin de préserver la crédibilité internationale de la France, il ne reste donc plus que deux solutions : revoir à la hausse les crédits de la mission budgétaire « aide publique au développement », qui seront débattus la semaine prochaine, ou bien revenir sur ce vote lors de la seconde lecture », déclare Philippe Jahshan, président de Coordination SUD. Et d’ajouter « Face aux crises sociales, climatiques et humanitaires, l’aide publique au développement est un levier décisif pour la réduction de la pauvreté et des inégalités. La finance internationale doit prendre sa part de d’édification d’un monde plus solidaire et durable ; le relèvement des moyens issus de la TTF participe de cela ».

Dans les deux cas, Coordination SUD appelle nos décideurs et décideuses politiques au courage et au respect des engagements de la France.