Vers une couverture maladie universelle de qualité

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Depuis les années 80, l’aide internationale en santé n’a pas toujours été adaptée. Les Politiques d’Ajustement Structurel (PAS) imposées par les Institutions Financières Internationales ont eu des impacts dramatiques : les décennies de bas salaires, les conditions de travail rudimentaires et le sous financement ont conduit à une pénurie chronique d’infirmières et de médecins dans les pays en voie de développement. Actuellement, la promotion par les pays bailleurs de programmes de santé privés met en péril l’accès aux soins des populations pauvres.

Pour améliorer durablement la santé des plus démunis, les États du Sud doivent mettre en place un système de santé public performant. Il doit être adossé à un système de protection sociale, l’expérience ayant démontré que la gratuité des soins augmente de façon majeure le recours aux services de santé. Les fonds actuellement alloués aux systèmes de santé des PED sont insuffisants:

Concernant l’aide extérieure, les pays bailleurs doivent augmenter les moyens dédiés à la protection sociale en santé. Cela passe par l’engagement des Etats à consacrer 0,7% de leur PIB à l’APD, et, de façon plus spécifique, par les aides additionnelles promises par la communauté internationale dans le domaine de la santé (7,5 milliards $ sur 5 ans promis au G8 de Muskoka ; 40 milliards $ promis par l’OMS dans le cadre de la stratégie mondiale pour la santé de la femme et de l’enfant).

-Concernant les ressources domestiques, les gouvernements doivent mobiliser de nouveaux financements pour la santé. Dans le cadre de la déclaration d’Abuja en 2001, les pays africains se sont engagés à y consacrer 15% de leur budget total. Cela implique d’accroître les sources de financement des politiques publiques de santé, notamment par l’accroissement de leurs recettes fiscales nationales en luttant contre la fuite des capitaux et par l’adoption de nouveaux mécanismes de financement innovants.

Ces ressources doivent permettre d’œuvrer en faveur de la Couverture Maladie Universelle (CMU).  La CMU signifie que tout individu doit pouvoir accéder aux services de santé sans devoir faire face à des difficultés financières ou géographiques. L’ensemble des populations, y compris celles qui sont vulnérables et marginalisées, doivent bénéficier des soins indépendamment de leur capacité à payer. La gratuité des médicaments et des prestations sanitaires pour les plus pauvres est donc une condition de la CMU et la garantie d’un continuum de soins. Ce système devra aussi garantir un accès universel aux soins sans discrimination liée au genre, à l’orientation sexuelle ou à l’origine ethnique.