Pour des conditions de travail décentes dans les bananeraies

Pour des conditions de travail décentes dans les bananeraies

Tombés debout. « Mon grand-père est venu ici il y a 50 ans pour travailler dans les plantations de canne à sucre. Aujourd’hui, quatre générations vivent dans ce même bateye (bidonville) et nous, les travailleurs de la banane, sommes les nouveaux esclaves« .

Comme cet ouvrier vivant à Boca de Mao, dans le Nord du pays, on estime que 700 000 haïtien·ne·s vivent en République dominicaine. Ce chiffre est considérable pour un pays qui compte 11 millions d’habitant·e·s. Et il est vraisemblablement sous-estimé. Contrairement à son voisin, la République dominicaine connaît une certaine prospérité grâce au développement du tourisme et à l’exportation de ses productions agricoles, mais la pauvreté reste endémique, du fait de la répartition inégale des richesses.

Avec 417 000 tonnes vendues en 2014, nous avons affaire au premier exportateur des Caraïbes et au premier exportateur mondial de bananes biologiques. Mais les travailleur·se·s haïtien·ne·s, qui représentent l’immense majorité de la main d’œuvre des plantations de bananes, bénéficient peu de cette manne. Les salaires du secteur agricole restent les plus faibles du pays et ne permettent pas de vivre dignement, comme en témoignent les bidonvilles qui jouxtent les plantations.

Pourtant les travailleur·se·s – haïtien·ne·s et dominicain·e·s – s’organisent pour obtenir des conditions de travail décentes. L’espoir est donc de mise.

Les personnes qu’ActionAid France a rencontrées, qui ont accepté de témoigner et d’apparaître sur les photos nous ont frappés par leur dignité. C’est d’ailleurs ce qui émane des portraits. Vivant dans des conditions inhumaines, victimes de mépris, de violence, d’une politique discriminatoire du gouvernement dominicain, elles restent debout.