Projet de certification dans le domaine humanitaire: le projet SCHR

Qu’est-ce que le projet SCHR ?
Le Comité directeur pour l’action humanitaire (SCHR) réunit les grands acteurs humanitaires internationaux. Il compte aujourd’hui neuf membres, issus du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et du secteur des ONG1.  Ses membres sont à l’origine du Code de conduite pour le Mouvement et les ONG et, avec InterAction, ont joué un rôle crucial dans la création de Sphère et d’autres initiatives telles que le Projet de redevabilité humanitaire (HAP) et ALNAP. Actuellement, le SCHR participe très activement à l’Initiative sur les standards conjoints, lancée par Sphère, HAP et People in Aid.
Quelle est l’origine de ce projet ?
Malgré les progrès notables mentionnés ci-dessus, l’auto-réglementation qui est le plus souvent de mise dans le secteur ne semble pas suffire pour garantir la qualité de l’intervention humanitaire.
Les membres du SCHR considèrent que la communauté humanitaire a besoin d’un solide système de certification pour démontrer sa capacité de fournir des secours humanitaires de grande qualité aux personnes qu’elle sert. Pour ces raisons, et en prenant appui sur l’expérience accumulée dans le secteur, le SCHR a décidé de lancer un projet en vue de déterminer comment un système de certification pourrait fonctionner pour les organisations humanitaires.

Quel serait le but de la certification ?
La certification aurait pour objet principal de garantir que les organisations fournissent aux personnes touchées une assistance humanitaire de grande qualité, conformément aux principes et aux normes humanitaires. L’un des aspects essentiels d’un système de certification est la crédibilité qu’il assure aux organisations qui l’utilisent. Pour être crédible, les membres du SCHR pense que le système de certification doit être géré par une entité extérieure indépendante.
Si le risque qu’un tel système exclue certains acteurs existe, le SCHR pense néamoins que le système peut être conçu de façon à ce que les petites organisations ou les organisations spécialisées dans un secteur particulier puissent être couvertes..

Quel est le public visé ?
Le mécanisme de certification qui sera proposé ne visera pas exclusivement les organisations membres du SCHR et sera ouvert à toute organisation, sur la base des critères applicables aux organisations humanitaires, quels qu’en soient la taille et le champ d’activité. Les signataires du Code de conduite pour le Mouvement et les ONG seront probablement les principales parties prenantes. La certification portera sur la capacité humanitaire des organisations. Par conséquent, dans le cas des organisations ayant plusieurs mandats, seule la capacité humanitaire serait certifiée.

Quels sont les liens entre le projet de certification du SCHR et les autres systèmes de certification dans le secteur ?
Des processus de certification existent déjà dans le secteur : par exemple, des initiatives comme HAP et People in Aid ont mis en place des systèmes spécifiques de certification et certains gouvernements ont établi des mécanismes d’enregistrement ou de certification de leurs ONG nationales opérant sur le plan international. Le projet sera mené en lien étroit avec les processus existants. Le SCHR est déterminé à éviter les doublons avec les systèmes de certification existants comme HAP. Il devra garder toutes les options ouvertes en ce qui concerne le lieu où le système de certification proposé sera établi, le parti que celui-ci tirera des initiatives existantes ou la nature du lien qui existera avec elles.
En outre, les synergies entre d’une part l’Initiative sur les standards conjoints (ISC) lancée par Sphère, HAP et People in Aid et d’autre part le projet de certification seront recherchées. Des échanges réguliers ont déjà lieu en vue de garantir la cohérence des plans de travail respectifs. L’ISC peut contribuer au projet de certification, en particulier sur la base d’un ensemble plus simple de standards.

 Quels seront les liens entre le projet de SCHR et HAP en particulier ?
Une évaluation indépendante de HAP, conduite en 2009, a mis en évidence certaines réalisations importantes mais aussi montré que HAP devait répondre aux besoins de membres divers et exigeants. Parallèlement, nombre des membres plus importants avaient le sentiment que l’approche de la certification adoptée par HAP ne prenait pas suffisamment en compte les réalités complexes auxquelles sont confrontées certaines des principales ONG humanitaires du monde. Les enseignements tirés du séisme en Haïti et des inondations au Pakistan en 2010 font écho à une recommandation du rapport de la Coalition pour l’évaluation des opérations de secours et de relèvement après le tsunami, publié il y a plus de cinq ans, qui appelait le système international de l’assistance d’urgence à engager des discussions formelles pour établir un système d’accréditation et de certification. Les organisations membres du SCHR voudraient contribuer à la mise en pratique de cette recommandation en faisant en sorte que l’ensemble du secteur en bénéficie. Le SCHR invitera le HAP à faire partie du groupe directeur établi pour la durée du projet.

Comment les organisations seront-elles consultées et associées au projet ?
SCHR prévoit des consultations à l’échelle du secteur ainsi que des communications transparentes et régulières. Les consultations auront lieu après la première phase de cadrage du projet. Différentes options seront examinées par le biais d’une consultation étendue.
Des ONG, d’autres acteurs humanitaires ainsi que des experts d’autres secteurs seront consultés aux différents stades du projet. En outre, un groupe directeur, composé de quelques membres du SCHR et d’autres parties prenantes, sera constitué pour gérer le projet.

Est-ce que SCHR envisage  d’établir un organe unique de certification ?
Le SCHR estime que le système de certification est suffisamment flexible pour que l’on puisse envisager d’établir, en utilisant la même approche et un ensemble défini de standards, différents organes de certification (plutôt que de créer, compte tenu de la taille et de la diversité du secteur humanitaire, un organe mondial unique de certification qui serait trop complexe).

Quelle est la durée du projet de certification ?
Le projet doit durer deux ans. La première année sera consacrée à la définition de quelques-uns des aspects techniques ainsi que de certaines des options. La deuxième année, suivant les résultats d’une large consultation à la fin de la première année, l’option retenue sera pilotée et validée par un certain nombre d’organisations.

Comment le projet sera-t-il géré ?
Un coordonnateur gérera les activités quotidiennes liées au projet, sous la supervision du groupe directeur mentionné ci-dessus.
Un groupe consultatif technique sera également établi et chargé d’apporter un soutien pendant toute la durée du projet.

Article à lire sur ce sujet sur le site du projet Sphere

Informations complémentaires : Secrétariat du SCHR schr@ifrc.org ou +41 22 730 45 00

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