le 12/05/2020 par Coordination SUD, Réseau action climat

Revue à mi-parcours de la stratégie climat du groupe AFD 2017-2022

Depuis 2017, le groupe AFD s’est engagé à rendre son action 100% compatible avec l’Accord de Paris. Ceci s’est traduit par un octroi en constante hausse de financements dédiés au climat, dépassant les objectifs fixés par la France, et par une amélioration continue des pratiques de sélection des projets, dans une logique de “ne pas nuire”. Qu’en est-il à mi-parcours, de cette stratégie prévue jusque 2022 ? Coordination SUD et le Réseau action climat font un premier bilan et présentent quelques recommandations.

 

Pour rendre son portefeuille de projets 100% compatible avec l’Accord de Paris, le Groupe AFD doit poursuivre ses efforts pour renforcer ses outils, notamment en matière d’alignement de l’intermédiation financière. Il doit, par ailleurs, se doter d’une trajectoire claire de volumes financiers d’ici 2022 puis 2025, tant en matière de volumes globaux que de rééquilibrage vers un plancher de 50% de financements climat dédiés à l’adaptation. Des efforts doivent aussi être fournis par le Groupe sur la transparence et la comptabilisation des financements, à la fois en matière de redevabilité sociale et environnementale, ainsi que pour la prise en compte des enjeux transversaux incontournables comme le genre ou les droits humains. Enfin, le Groupe AFD doit poursuivre la co-construction des solutions en mettant, particulièrement l’accent sur la mesure et le financement des pertes et dommages, ou encore par la facilitation du passage à l’échelle des projets pilotes innovants d’atténuation et d’adaptation issus de la société civile française et internationale.

Crise du covid

Cette revue de la stratégie climat du Groupe AFD intervient dans un contexte de crises sanitaire, économique et sociale mondialisées. Le Covid-19 touche d’ores et déjà l’ensemble des continents de la planète. Il impactera très certainement de manière plus violente et plus durable les pays et les populations dont les vulnérabilités sont déjà exacerbées par la perte de biodiversité et le dérèglement climatique en cours. A nouveau, les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement risquent de payer un plus lourd tribut, sur le court et le long terme. Partout aux réponses d’urgence pour faire face à la crise sanitaire et économique devront succéder des réponses pour soutenir une sortie de crise sur le long terme et reconstruire la résilience sur le plan sanitaire, social, économique, alimentaire et écologique. Dans les pays en développement, ces réponses devront être soutenues par une implication à hauteur des enjeux de la part des agences de développement, bilatérales comme multilatérales. L’AFD devra mettre au centre de son approche la notion de résilience et répondre à plusieurs principes : un besoin de ressources additionnelles, des financements pour sortir de la crise du covid qui ne devront pas exacerber la crise du climat et enfin, une partie du soutien devra être orientée spécifiquement à la transition écologique et énergétique, à la sécurité alimentaire des populations via des pratiques agroécologiques ainsi qu’à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.

 

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