le 28/09/2011 par Médecins du monde

Gratuité des soins au Niger : une option payante à consolider

En 2005, le Niger a fait le choix de s’attaquer concrètement aux barrières financières de l’accès aux soins en introduisant des mesures d’exemption de paiement au profit de certaines catégories de populations. Initialement limitée aux césariennes, cette politique dite de « gratuité » a été rapidement étendue aux produits contraceptifs, aux consultations prénatales ainsi qu’à la prise en charge des enfants de moins de cinq ans.

Après quatre années de mise en œuvre effective, la politique de gratuité des soins a permis d’augmenter de manière significative le niveau d’utilisation des services de santé. Le taux d’utilisation des soins curatifs par les enfants de moins de 5 ans est passé de 59 % en 2005 à 85 % en 2009 et celui relatif à la consultation prénatale a également atteint 85 % alors qu’il n’était que de 40 % en 20052.

Pour autant, malgré ces résultats encourageants et bénéfiques pour la santé des populations, la pérennité des exemptions de paiement est encore loin d’être assurée. La persistance de dysfonctionnements majeurs dans la gestion et le financement de la politique de gratuité déstabilise aujourd’hui fortement des structures sanitaires confrontées à de très importants retards de remboursement de la part de l’Etat. Cette situation pourrait à terme aboutir à une remise en cause pure et simple de la gratuité des soins.

Pour sortir de l’impasse et assurer une mise en œuvre effective de ce qui constitue aujourd’hui un acquis social majeur, le nouveau gouvernement du Niger doit entreprendre un véritable plan de sauvetage de la « gratuité ». La mobilisation de ressources budgétaires supplémentaires ainsi que des ajustements dans la gestion administrative de la gratuité sont aujourd’hui indispensables.

Un soutien réel et significatif des bailleurs internationaux sera également une des clefs pour relever avec succès ce défi. Les moyens promis en 2010 dans le cadre de l’initiative de Muskoka et de la stratégie globale pour la santé de la femme et de l’enfant représentent une opportunité à saisir pour financer cette politique d’exemption de paiement au profit des femmes enceintes et des enfants de moins de cinq ans.

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