Réformes de la PAC et présence européenne sur les marchés des PED

L’agriculture a été placée au centre du dernier cycle de négociations commerciales multilatérales à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ceci devait plus particulièrement favoriser les pays en développement (PED) dans lesquels l’agriculture est souvent d’une importance capitale, en termes de contribution à la richesse nationale ou de lutte contre la pauvreté.

Les subventions européennes sont accusées de fausser la concurrence entre les produits agricoles exportés par l’Union européenne (UE) et ceux des pays du Sud. Les ONG de solidarité internationale ont particulièrement dénoncé les conséquences négatives de la Politique agricole commune (PAC) sur les agriculteurs des PED dans quelques secteurs clés tels que le lait, le sucre, la viande de volaille ou de boeuf, dans certaines régions ou pays tels que l’Afrique de l’Ouest, la Jamaïque, le Kenya ou encore l’Inde (Oxfam, CFSI, ActionAid). De plus, beaucoup d’entre elles ne croient pas aux réformes qui ont été entreprises. Au contraire, elles dénoncent le fait que la boîte verte (OMC) soit utilisée par l’UE et les États-Unis pour continuer de subventionner massivement leur agriculture au détriment des PED (OXFAM, Action-Aid, Caritas, CIDSE, 2005). Plusieurs auteurs soulignent cependant que les effets des subventions européennes sont asymétriques selon que les pays tiers soient importateurs ou exportateurs de produits agricoles (Panagariya, 2005 ; Bureau et Matthews, 2005).

La mise en œuvre des réformes de la PAC s’est toujours échelonnée sur plusieurs années et de manière progressive d’une réforme à l’autre, ce qui limite les ajustements de la production agricole à court terme. Néanmoins, elles fournissent des signaux forts sur l’évolution du soutien à plus long terme. Elles influencent donc les anticipations des producteurs sur l’avenir. De manière générale, le soutien modifie le comportement du producteur par quatre types de canaux : le soutien peut influencer les décisions d’entrée et sortie du secteur ; il peut entraîner une variation de la production de façon à maximiser l’aide reçue ; il peut favoriser l’investissement ; et enfin, il peut modifier l’attitude des agriculteurs face au risque (Courleux, Guyomard, Levert, 2007). Comme la production est ensuite vendue sur le marché intérieur et sur les marchés internationaux, on peut raisonnablement penser que les réformes de la PAC vont avoir des conséquences sur les volumes exportés.

Le but de cette étude est de mettre en perspective les réformes récentes de la PAC avec l’évolution des exportations européennes agricoles et agroalimentaires entre 1995 et 2006.

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