le 06/02/2009 par Abong, Coordination SUD

Rôle des ONG dans le débat public et les négociations internationales – Abong / Coordination SUD

Eléments pour la définition d’une “diplomatie non gouvernementale”, Henri Rouillé d’Orfeuil (Coordination SUD) et Jorge Eduardo Durão (ABONG)

La situation de près des trois quarts de l’humanité qui vivent dans les continents du Sud du monde est inacceptable. Il n’y a donc pas lieu de l’accepter. C’est ce constat tout simple que partagent les associations de solidarité internationale. Ce refus de l’inacceptable se manifeste d’abord par une volonté d’agir au plus près des réalités et des acteurs concernés. Mais cette première mission en a entraîné deux autres : le souhait de rapprocher des citoyens ou des associations de nos pays et des partenaires des pays du Sud, et le besoin d’analyser les règles du jeu international et de les faire évoluer vers plus d’équité.

Ces trois missions d’action locale, de renforcement des liens Nord-Sud et de plaidoyer pour des règles plus équitables sont étroitement liées. La légitimité des actions de lobbying et de plaidoyer trouve son origine dans l’engagement des associations auprès de leurs partenaires dans des réalités locales et diversifiées. Pour pouvoir se professionnaliser, les ONG se sont spécialisées, mais l’unité de ces trois tâches se retrouve aujourd’hui au niveau des collectifs dans lesquels chacun apporte le fruit de son expérience et de sa compétence. Si les ONG de plaidoyer étaient coupées de l’action locale, elles courraient un double risque : celui de fonder leurs positions non plus sur des expériences concrètes mais sur des approches de caractère idéologique, et celui de court circuiter les partenaires du Sud et d’aborder les questions internationales avec leur seul regard d’associations du Nord.

Dans ce texte, nous allons nous concentrer sur le rôle des ONG dans la négociation internationale. D’un côté, des actions de plaidoyer auprès de l’opinion publique, de l’autre, des actions de lobbying auprès des négociateurs cherchent à créer un environnement favorable à une évolution de la régulation mondiale vers plus d’équité et de durabilité. Que ce soit lors des manifestations de l’agenda intergouvernemental – conférences des Nations Unies, assemblées générales des institutions de Bretton Woods, réunion du G8 – ou que ce soit dans des événements non gouvernementaux – Forum social mondial -, les ONG, dans la contestation comme dans la proposition, agissent dans un espace de négociation beaucoup plus ouvert. Le temps de l’intergouvernementalité pure est terminé. Les diplomates, qui gardent la main sur la négociation, œuvrent aujourd’hui dans un champ de forces où interviennent des acteurs économiques, sociaux, territoriaux ou scientifiques les plus divers. Avant de se dérouler autour d’un tapis vert, une négociation se gagne ou se perd dans l’opinion publique. Une autre approche de la diplomatie, ouverte sur de nouveaux acteurs et sur de nouvelles forces, se fait jour.

 

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