Mondialisation économique, progrès social et respect de l’environnement : comment construire une co-responsabilité entre acteurs économiques, sociaux et territoriaux ?

Dans le cadre du chantier de réflexion prospective qu’elle a lancé en 2007, Coordination SUD a organisé un second séminaire de prospective à la maison de l’Europe le 23 octobre dernier. Les intervenants : Bernard Brunhes, vice-président du groupe BPI et président de France Initiative ; Catherine Minard, directrice des Affaires internationales du MEDEF ; Anousheh Karvar, vice-présidente de la CFDT et Jean-Pierre Landau, vice-gouverneur de la Banque de France ont apporté chacun-e leur vision du rôle des différents acteurs (ONG, syndicats, entreprises) dans la construction d’une co-responsabilité dans le contexte de la mondialisation. Le compte-rendu du séminaire est maintenant disponible.

Présentation du séminaire

Selon une vision traditionnelle et schématique, les entreprises produisent de la richesse, l’Etat produit du droit, protège le bien public et organise la solidarité nationale. Avec la mondialisation, une redistribution des rôles et des pouvoirs s’est opérée. Les entreprises, celles du moins qui ont pu s’affranchir des frontières, peuvent mettre en compétition des cadres sociaux, environnementaux ou fiscaux très différents et organiser un dumping entre les pays. Elles peuvent aussi accéder à des zones de non droit qui se sont multipliées sous toutes les latitudes. De manière générale, le droit international n’a pas pris la relève des droits nationaux. Il y a eu dérégulation. De leur côté, les acteurs syndicaux ou sociétaux, partenaires et régulateurs traditionnels des acteurs économiques, ont pris quelques retards à s’internationaliser. Ce retard a déséquilibré les rapports de pouvoirs et les capacités de négociation à leur dépens.

Ce déséquilibre a les conséquences que l’on pouvait prévoir : une croissance économique forte – encore que l’on apprécie mal dans les statistiques le déclin, voire la disparition, des économies locales -, une redistribution faible, provoquant, à la fois, une concentration de la richesse et une extension de la pauvreté et de l’exclusion. Là encore, les statistiques ne disent pas l’ampleur de la crise qui touche les pays à économie informelle importante et à forte majorité paysanne. Dans le domaine environnemental et dans les pays sans réglementations ou sans respect des réglementations, l’exploitation des ressources et la maîtrise des pollutions sont laissées au bon vouloir des acteurs économiques. Ces évolutions mal encadrées inquiètent les entreprises elles-mêmes, qui s’efforcent, parfois, de montrer qu’elles s’auto-disciplinent. Elles inquiètent aussi les citoyens et les associations qu’ils ont créées.

Dans ce contexte, la défense de l’intérêt général ne repose plus sur le seul pouvoir d’Etat, il repose aussi sur la responsabilité des acteurs économiques, sociaux et territoriaux. Nous devons entrer dans une ère de coresponsabilité qu’il nous appartient de dessiner et de construire. Cette notion nous engage en même temps qu’elle engage nos partenaires économiques et syndicaux. Nous avons souhaiter entendre nos quatre invités sur la résonance qu’a cette notion de coresponsabilité sur leurs familles respectives.

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