Analyse du projet de loi de finances 2019

Analyse du projet de loi de finances 2019

Voici un ensemble de clefs de lecture du projet de budget de finances 2019 proposé par Coordination SUD sur l’aide au développement ainsi qu’une présentation des leviers à disposition des parlementaires durant le débat budgétaire.

Chaque année à l’occasion de l’examen du projet de loi de finances (PLF), les parlementaires étudient la traduction budgétaire des ambitions de la France en matière d’aide publique au développement (APD). L’adoption du budget pour 2019 devra ainsi mobiliser les moyens nécessaires à la mise en oeuvre des conclusions du comité interministériel de la coopération internationale et du développement (Cicid) du 8 février 2018 et des engagements du président de la République. Des engagements renouvelés lors de son discours à la conférence des ambassadeurs et des ambassadrices le 27 août 2018.

L’APD est en effet au coeur de l’action de la France à l’international sur des aspects aussi décisifs que la lutte contre la pauvreté, les dérèglements climatiques, la réduction des inégalités et l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD). L’annonce de son augmentation est donc à saluer mais doit désormais se concrétiser. La hausse des moyens alloués à l’APD doit aussi s’accompagner d’une révision de ses instruments afin de permettre l’atteinte des objectifs affichés. L’efficacité, la transparence et la mobilisation de tous les partenaires devront être au coeur de la nouvelle architecture de l’aide.

halte à l’instrumentalisation de l’#APD

 

Le PLF 2019 a dévoilé une augmentation timide de 130 millions d’euros des crédits de la mission aide publique au développement, portant l’ensemble de son montant à 3,08 milliards pour 2018. Cette hausse, qui doit être saluée, est mise à mal par la diminution de la part des financements innovants affectés à la solidarité internationale. Auparavant affectée à 50 % à l’APD, la taxe sur les transactions financières ne l’est plus qu’à 32 % aujourd’hui – une décision sans précédent qui va à l’encontre de l’évolution historique de cette innovation française.

Face à ces derniers arbitrages, le rôle des parlementaires est plus que jamais déterminant. Par le passé, ils·elles se sont mobilisé·e·s pour que les montants de l’APD augmentent et que leur utilisation respecte les principes de qualité de l’aide. Une nouvelle fois, leur implication pourra permettre de soutenir l’amélioration de cette politique publique cruciale pour la place de la France sur la scène internationale. Ce rapport d’analyse édité chaque année par Coordination SUD, vise à fournir des clefs de lecture du budget proposé sur l’aide au développement et à mettre en lumière les leviers à disposition des parlementaires durant le débat budgétaire.