Intégrer l’adaptation au changement climatique dans les projets de développement

Les prédictions sont sans appel. Les engagements actuels de réduction d’émissions des pays développés se traduiraient par une augmentation de la température moyenne sur Terre d’environ 3°C. Les impacts d’un tel réchauffement climatique sur les territoires, les ressources et les modes de vie sont inédits et encore mal maîtrisés. Les pays les plus vulnérables, en particulier les pays moins avancés (PMA) et les petits États insulaires, seront les plus touchés, notamment par l’accroissement des risques naturels, le stress  hydrique, la désertification, la modification de la pluviométrie.
Les retours d’expériences et les échanges sur ce sujet aux différentes  échelles, locales, nationales, régionales ont notamment permis de  faire avancer la réflexion sur l’adaptation au changement climatique au sein des négociations internationales. Ces dernières ont mis  l’accent, en 2009, lors de la 15e Conférence des Parties (COP) à la Convention Climat de Copenhague, sur l’urgence de l’action, et donc du financement de l’adaptation. A Cancun, en 2010, lors de la 16e COP, les pays Parties ont décidé de la création d’un cadre commun pour l’action en matière d’adaptation : le Cadre pour l’adaptation, qui reste à définir et à opérationnaliser. Pourtant la mise en oeuvre de l’adaptation, au travers d’un cadre conceptuel commun, rencontre plusieurs difficultés :

  •  Partager un ensemble de notions communes, face à la diversité des territoires, des cultures et modes de vie. La compréhension des enjeux liés à l’adaptation ont fait l’objet d’une certaine prise de conscience et de recherches scientifiques et académiques  mportantes. Toutefois, l’adaptation demeure un concept flou et peu opérant, notamment pour les acteurs de terrain : flou dans ses liens avec l’atténuation et avec le développement, et peu opérant en  termes d’applicabilité à des projets communautaires et territoriaux de développement. Ce flou est contrebalancé par la richesse des travaux de recherche aujourd’hui engagés et l’importance des remontées d’expériences existantes.
  •  Les impacts multiples du changement climatique, la nécessité de répartir et prioriser les actions de coopération et les soutiens financiers (allocation géographique et sectorielle des ressources) ;
  • Le hiatus entre projet de court terme et développement de long terme : La difficulté d’anticiper les évolutions de nos sociétés,  élaborer des trajectoires de développement réussies qui prenne en compte les contraintes, notamment climatiques, est réelle  ujourd’hui. Il y a une forte incertitude et un manque de visibilité quant à la perspective d’un mode de développement réussi pour tous, pays développés et pays en développement.

La commission Climat-Développement de Coordination SUD souhaite contribuer à l’éclaircissement du concept d’adaptation, en direction des organisations non gouvernementales (ONG) comme des pouvoirs publics, afin de soutenir la mise en oeuvre de stratégies d’adaptation dans les territoires.
C’est pourquoi la commission Climat-développement a mené en 2011 une réflexion sur l’adaptation, pilotée par le Geres et co-animée par le 4D et le Cari.
Deux activités ont été réalisées et ont conduit à l’élaboration de ce guide pratique :
– un état de l’art auprès des membres de la Commission sur leur connaissance technique, leurs perceptions, ainsi que sur les bonnes pratiques liées aux questions de la vulnérabilité et de l’adaptation
– une étude comparative sur l’analyse de la vulnérabilité et de la capacité d’adaptation au changement climatique.

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