Pas de plan de sauvetage pour l’aide publique au développement

Malgré les annonces de M. Joyandet qui se veulent rassurantes, l’aide de la France ne sera pas à la hauteur des enjeux dans les pays les plus pauvres, notamment en Afrique. La hausse annoncée de l’aide publique au développement (APD) en 2009 est illusoire. Alors que quatre français sur cinq pensent quela France et l’Europe doivent maintenir ou renforcer leur aide aux pays pauvres*, la France ne respecte pas ses engagements.

L’APD française diminue à nouveau en 2008, après une première chute de 16% en 2007, et ne remonterait la pente que ponctuellement, en 2009. Toutefois, l’illusion d’augmentation de l’APD en 2009 se base sur des annulations de dettes incertaines et un recours accru aux prêts, à moindre coût pour l’Etat.

L’augmentation de l’APD annoncée en 2009 est très largement artificielle. Elle repose en effet en grande partie sur la hausse des allègements de dettes qui font un bond de 235%, pour atteindre 2,4 milliards d’euros. Ces annulations sont toutefois très hypothétiques et correspondent principalement aux allègements de dettes de la Côte d’Ivoire et de la République démocratique du Congo, déjà prévus dans le projet de loi de finances pour 2008 avant d’être reconduits sur 2009. Comme Coordination SUD l’a déjà démontré, leur comptabilisation dans l’APD surestime toutefois très largement leur contribution au financement du développement**.

Hors allègements de dettes, la France recourt de façon accrue aux prêts octroyés par l’Agence française de développement (AFD) à des conditions peu concessionnelles. Ces prêts augmenteront de 98% en 2009. La plupart des pays les moins avancés n’étant pas en mesure de s’endetter à ces conditions, ces prêts s’adressent en priorité aux pays émergents ou à revenu intermédiaire, notamment au secteur privé.

Le financement par dons de projets de développement, essentiellement en Afrique, a finalement constitué la variable d’ajustement, dans un contexte budgétaire contraint. 55 projets mis en œuvre dans les pays les plus pauvres de la planète seraient supprimés, pour un total de 468 millions d’euros***. Cela signifie qu’aucune subvention bilatérale ne sera mise en œuvre en Afrique en 2009. Autant d’écoles, de centres de santé, de réseaux d’eau potables, de système d’assainissement pour les populations les plus pauvres qui ne verront pas le jour. En 2009, la France se retire des secteurs sociaux sur le continent africain.

Le 6 novembre prochain, les députés sont invités à débattre des crédits de la mission APD dans le projet de loi de finances 2009. A cette occasion, Coordination SUD organise le mercredi 5 novembre un séminaire intitulé Dans un contexte de crise, quel avenir pour la politique de coopération au développement de la France ?, qui sera suivi d’une conférence de presse.

  • Sondage Coordination SUD / Paroles d’Européens réalisé les 22 et 23 octobre par le CSA en partenariat avec Ouest-France, RFI et TV5 Monde.
  • Cf. Coordination SUD, L’APD française et la politique de coopération au développement : Etat des lieux, analyses et propositions, février 2006.
  • Cf. communiqué de presse d’Oxfam France – Agir ici du 24 octobre : www.oxfamfrance.org

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