CONSULTANCE – Réalisation de l’évaluation finale du programme Agir pour la Pleine Participation des Enfants Handicapés par l’Education (APPEHL), Phase 2

Appel d’offre

Pays : Afrique, Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Leone, Togo.

Champs de compétences : Evaluation.

I.                  L’action à évaluer et les acteurs impliqués

I.1 Présentation succincte de la structure commanditaire

ONG française créée en 1982, Handicap International agit dans le monde pour permettre l’accès aux soins, l’amélioration des conditions de vie et l’autonomie des personnes handicapées. La restauration des capacités d’agir, l’accès aux services pour tous et à une plus grande participation citoyenne des personnes handicapées (tant au niveau individuel que collectif) sont les axes centraux de l’action de l’ONG ; avec au centre, le renforcement des initiatives locales et la mise en œuvre de projets multisectoriels. L’ambition de l’ONG d’ici 2025 est d’être l’acteur de premier plan, innovant, aux approches appropriées et agile dans son organisation, pour une amélioration tangible des conditions de vie des personnes handicapées et des populations vulnérables (Extrait de la stratégie fédérale 2016-2025 de Handicap International).

En éducation, les interventions de Handicap International reposent sur les principes suivants :

  • les enfants handicapés ont droit à une Éducation Inclusive de qualité,
  • les environnements d’apprentissage doivent répondre aux besoins individuels physiques, sociaux, intellectuels et émotionnels, ainsi qu’aux aspirations personnelles des enfants et des jeunes,
  • la politique et les pratiques éducatives doivent refléter et respecter la diversité des apprenants, en particulier les enfants handicapés.

Ces principes guident le travail de Handicap International dans le secteur de l’éducation dans les pays à faible revenu, dans les contextes de développement durable et dans les situations d’urgence.

À partir de ces principes, et en collaboration avec les acteurs de l’éducation, du secteur social et de celui des soins de santé, l’objectif général consiste à : « améliorer l’accès des enfants handicapés à une éducation inclusive de qualité, contribuant ainsi au respect de leurs droits, à une meilleure participation sociale et une meilleure qualité de vie ».

 

I.2 Descriptif de l’action à évaluer

En Afrique de l’Ouest, Handicap International met en œuvre depuis 2012 un projet régional intitulé « Agir pour la pleine participation des enfants handicapés par l’éducation » (APPEHL). Initié d’abord dans six (6) pays au cours d’une première phase de projet entre 2012 et 2014, la phase 2 couvre aujourd’hui neuf (9) pays (Bénin, Burkina Faso, Guinée Bissau, Libéria, Mali, Niger, Sénégal, Sierra Léone et Togo). La phase 2, d’une durée de trois (3) ans, a démarré le 01 Janvier 2015 et se termine le 31 décembre 2017.

Carte APPEHL 2 : voir pièce jointe

Réalisée dans le cadre d’une convention programme signée avec l’AFD, l’évaluation portera sur l’ensemble de la phase 2 du programme APPEHL.

L’évaluation réalisée fin 2014 a permis de montrer que la phase 1 a globalement atteint ses objectifs de promotion de l’éducation inclusive auprès des Ministères de l’éducation nationale des pays concernés, de mise au point et d’expérimentation de méthodologie (à une échelle très restreinte), de production d’outils et guides et de formation de personnes ressources au sein des ministères. Elle fait ressortir les conclusions suivantes :

Le projet APPEHL a atteint les résultats visés et a mobilisé largement les différentes parties prenantes de l’éducation des enfants (enseignants, familles, société civile, institutions). Par ce biais, il a permis la création de liens entre les acteurs et des synergies entre les politiques (santé, éducation, affaires sociales) ;

  • Le projet APPEHL a permis l’identification « dans » et « hors » de l’école de plusieurs milliers d’enfants handicapés. Ces derniers ont bénéficié ensuite d’une amélioration des conditions d’accueil dans les écoles via la sensibilisation et le renforcement des capacités des équipes pédagogiques, la mise en accessibilité des écoles, la mise à disposition d’outils pédagogiques et, pour certains, d’un accompagnement médico-social. Ces résultats se sont d’abord traduits, pour une majorité d’enfants, par une socialisation à travers un renforcement des liens avec les camarades de classe et les enseignants ;
  • Le projet APPEHL a également permis des changements de mentalité forts dans les familles et les communautés notamment grâce aux exemples de parcours d’enfants réussis. Aujourd’hui, dans les zones d’intervention, différents acteurs (OPH, parents d’élèves…) réalisent le travail d’identification des enfants handicapés non scolarisés et des parents d’enfants handicapés semblent venir spontanément scolariser leurs enfants ce qui était loin d’être le cas auparavant ;
  • Le projet APPEHL a su s’ajuster aux différents contextes nationaux et locaux afin de mettre en œuvre des activités adaptées et mobiliser les bons acteurs. Cependant, une méthodologie « socle » autour de fondamentaux se dégage. Elle se traduit notamment par : 1) l’identification « dans » et « hors » de l’école des enfants handicapés,2) les actions de plaidoyer auprès des acteurs institutionnels, 3) de sensibilisation des familles et communautés, 4) la sensibilisation et formation des acteurs en lien avec les enfants et les écoles (équipes pédagogiques, inspections, acteurs sociaux, parents d’élève etc.), 5) un accompagnement individualisé de certains enfants (scolaire, médico-social etc.), 6) des animateurs locaux, chevilles ouvrières du projet, en lien avec les différentes parties prenantes (enfants, familles, écoles, services sociaux et médicaux), 7) la production et la mise à disposition d’outils et matériels pédagogiques, à valoriser, partager et capitaliser, 8) la mise en accessibilité et des mesures de rénovation dans les écoles ;
  • Les conditions de pérennité ne sont pas garanties : les OPH, fortement mobilisées sur le projet, restent très dans l’opérationnel et se montrent encore faiblement forces de proposition/proactives ; leur autonomie tant organisationnelle que financière ne semble pas permettre d’envisager un passage de relais immédiat ; le projet reste tributaire d’un écosystème qui ne présente pas les garanties suffisantes pour un fonctionnement pérenne aujourd’hui (contraintes exogènes). En effet, les infrastructures et services, sociaux et médicaux notamment, ne sont pas suffisamment développés dans les pays cibles ;
  • Les budgets de l’éducation n’ont pas de lignes budgétaires spécifiques dédiées à l’éducation inclusive qui pourraient permettre de pérenniser les actions développées ;
  • Les personnes ressources qualifiées au sein du Ministère de l’Education sont encore trop peu nombreuses pour porter seules le plaidoyer, les formations, la modélisation, le suivi et l’évaluation.
  • Le suivi mis en œuvre dans le cadre du projet APPEHL est précis sur les réalisations, moins sur les résultats et effets. La capitalisation est restée relativement limitée, à l’exception des actions innovantes mises en œuvre au Togo et au Burkina-Faso.
  • La coordination régionale a, entre autres, permis l’organisation d’ateliers multi-pays et multipartenaires ainsi que des visites d’échange. Ces échanges semblent avoir eu un effet d’émulation qui renforce la motivation dans un « cercle vertueux ». Mais à présent, les attentes des équipes projet sont de pouvoir aller plus loin sur de la confrontation / de l’approfondissement des thématiques abordées. De plus, le souhait serait de pouvoir développer le volet capitalisation des pratiques et outils.

La phase 2 devrait consolider ce processus. L’enjeu de passage à l’échelle et d’institutionnalisation de l’approche d’éducation inclusive est bien au cœur de la proposition de cette convention programme.

Plusieurs types d’actions en vue de ce passage à l’échelle sont envisagées : des actions de réflexion nationales et régionales en vue d’internaliser l’approche EI (plaidoyer auprès des pouvoirs publics et échanges entre pouvoirs publics et société civile, réflexion sur les pratiques de pédagogie inclusive, réflexion sur l’intégration au sein du continuum éducation, etc.), des actions d’accompagnement de la scolarisation des EH au niveau local (sensibilisation, identification d’EH et accompagnement des EH, formation des enseignants, directeurs et encadreurs pédagogiques, dotations en matériel scolaire adapté, etc.) et des actions devant permettre l’internalisation de l’approche (conception d’outils de formation et fiches pédagogiques, capitalisation des outils et des pratiques, etc.).

 

I.2.1 Objectifs de l’action

La convention programme par son action doit contribuer à l’atteinte de l’objectif global qui est de créer les conditions favorables pour la mise à l’échelle de dispositifs pluri-acteurs d’éducation inclusive dans 9 pays d’Afrique de l’Ouest afin d’accroitre la participation sociale et la qualité de vie de tous les enfants, dont les enfants handicapés.

De façon spécifique, le programme APPEHL doit permettre de développer, de consolider, de modéliser et de mettre en œuvre des dispositifs pluri-acteurs dans les neuf (9) pays d’intervention.

 

Il s’agit donc de consolider le processus de promotion de l’éducation inclusive au sein des systèmes éducatifs des pays concernés en insistant plus sur les modalités de déploiement soutenables (techniquement et financièrement ) susceptibles d’être repris à une large échelle par les ministères de l’éducation.

 

I.2.2 Organisation partenariale (les partenaires, leur rôle, et les relations avec la structure commanditaire)

La stratégie partenariale retenue est en adéquation avec la philosophie de l’éducation inclusive, qui nécessite l’implication et l’intervention de tous les acteurs œuvrant dans le domaine du handicap et de l’éducation. Le partenariat est vu à différents niveaux, dans le rapport aux ministères d’abord, dans le rapport aux associations et ONG nationales ensuite, et enfin dans la collaboration avec les ONG internationales qui interviennent dans le domaine de l’éducation inclusive. Dans chacun des neuf (9) pays, des partenariats sont formalisés à la fois avec les Ministères de l’Education et les organisations de la société civile (fédérations des associations de personnes handicapées au niveau national ou local, ONG/associations ayant une expertise dans le domaine de l’éducation inclusive par exemple).

Les partenaires clés sont ceux avec lesquels il existe déjà une expérience de collaboration plus ou moins longue dans le pays, que ce soit dans le cadre de la phase 1 d’APPEHL, de la mise en œuvre de projets d’éducation inclusive ou de projets se rapportant à d’autres thématiques. D’autres partenaires seront identifiés pour des appuis ponctuels qui pourront s’inscrire dans le cadre de prestations de services.

I.2.3 Les bénéficiaires

Pour atteindre ses objectifs, le projet vise principalement les cibles suivantes :

  • les enfants handicapés scolarisés et non scolarisés et leurs familles,
  • les organisations de et pour personnes handicapées au niveau national et local,
  • les ministères de l’éducation, et les services déconcentrés de l’Etat,
  • les acteurs locaux et les communautés.

I.2.4 Principaux résultats et activités prévus

Résultat 1 : Les acteurs institutionnels et ceux de la société civile sont en capacité de mettre en œuvre des politiques, des stratégies et des plans d’action d’éducation inclusive définis de manière concertée.

Principales activités prévues : Participer activement et régulièrement aux cadres partenariaux relatifs à l’éducation et au handicap au niveau national ou local ; diffuser les études menées dans la phase 1 ; former les OPH, les associations de défenses des droits des femmes (handicapées et/ou non handicapées) et les partenaires sociaux de l’éducation (APE, CGE, syndicats d’enseignants, coalition EPT) à l’éducation inclusive et les accompagner à élaborer une stratégie de plaidoyer au niveau national et régional ; accompagner les Ministères de l’Education à mener des groupes de travail pluri acteurs pour élaborer les politiques et les stratégies en éducation inclusive ; mettre en place un groupe de travail sur les évaluations adaptées au niveau national; définir et mettre en œuvre un plan de plaidoyer régional en partenariat avec la FOAPH et ANCEFA ; diffuser les messages au niveau des instances régionales d’Afrique de l’Ouest.

Résultat 2 : Les acteurs communautaires favorisent une meilleure participation sociale et éducative des enfants handicapés.

Principales activités prévues : Identifier les enfants handicapés scolarisés et non scolarisés vivant dans les zones d’intervention ciblées par le projet: collecte et traitement des données ; sensibiliser les parents des enfants handicapés sur le handicap et les besoins spécifiques de leur enfant en utilisant l’approche réhabilitation à base communautaire (RBC) et/ou accompagnement social personnalisé (ASP) ; soutenir au niveau local des initiatives de parents; réaliser des actions de sensibilisation des partenaires locaux et des communautés (dont les parents) pour la promotion de la scolarisation des enfants handicapés au niveau pré scolaire, primaire et secondaire ; mettre en place des activités parascolaires et/ou communautaires assurant la participation des enfants identifiés ; animer un groupe de travail régional sur l’approche RBC (selon l’orientation de l’OMS) en éducation inclusive mené par la coordination régionale, le Mali, le Benin et la Sierra Léone.

Résultat 3 : Les enfants handicapés sont scolarisés dans les écoles de différents niveaux d’enseignement où leur maintien est favorisé grâce à une approche pédagogique inclusive.

Principales activités prévues : Lancer et mener un groupe de travail régional sur le renforcement en pédagogie inclusive des partenaires pédagogues des pays du projet ; lancer et mener un groupe de travail entre le Burkina Faso et le Niger permettant de définir un processus facilitant le continuum entre les niveaux ; organiser les consultations des enfants identifiés vers des prestataires de soin; assurer la participation scolaire, en mettant en place, par exemple, des gouvernements scolaires d’enfants, des tutorats par les pairs (avec un focus genre et protection) ; assurer la formation en éducation inclusive en priorisant la mise en œuvre d’une pédagogie innovante (pédagogie différenciée, pédagogie collaborative, pédagogie des grands groupes, pédagogie du projet, etc.) des enseignants, des directeurs d’école, et des encadreurs pédagogiques au niveau pré scolaire, primaire et secondaire ; soutenir les enseignants dans leur classe pour favoriser le développement de pratiques innovantes adaptées aux besoins éducatifs spécifiques des enfants handicapés ; concevoir et diffuser du matériel scolaire adapté (matériel pédagogique, équipement) et former à son utilisation ; organiser un atelier régional sur la thématique du continuum préscolaire/primaire/secondaire et partager les diagnostics, bonnes pratiques et modalités de passage du primaire au secondaire pour les enfants handicapés du Niger et du Burkina Faso ; organiser des cadres d’échange de pratiques professionnelles et de collaboration entre écoles au niveau pré scolaire, primaire et secondaire ; réaliser des diagnostics d’accessibilité et prioriser les adaptations.

Résultat 4 : Les enfants avec une déficience sensorielle ou intellectuelle accèdent à une éducation de qualité via des réponses éducatives innovantes et adaptées.

Principales activités prévues : Organiser une formation en langue des signes au niveau régional par l’équipe de formateurs de formateurs du Togo dans les pays qui mettent en place les approches à dupliquer en priorité (Burkina Faso et Sénégal) ; organiser chaque année, en début et en fin d’année scolaire, une rencontre entre parents d’enfants ayant une déficience sévère, enseignants et structures spécialisées pour favoriser les partenariats ; formaliser un partenariat avec les structures spécialisées qui servent de ressources pour l’inclusion des enfants avec une déficience sévère dans les écoles ordinaires ; renforcer les connaissances des parents d’enfants sourds en langue des signes ; développer des outils de formation /fiches pédagogiques spécifiques à la prise en charge des enfants avec une déficience sensorielle ou intellectuelle à destination des enseignants ; renforcer les capacités en langue des signes et sur la déficience intellectuelle des enseignants participant aux dispositifs innovants, et assurer leur suivi ; capitaliser l’expérience.

I.2.5 Budget total

Le coût total de l’opération est de 3 800 000 euros, avec une contribution de l’AFD à hauteur de                    2 000 000 euros (soit 52,6%).

 

I.                  L’évaluation

II.1 Justification de l’évaluation

II.1.1 Origine de la demande

La réalisation d’une évaluation finale externe répond à plusieurs besoins. Elle répond, d’une part, aux exigences de l’AFD en matière d’évaluation des conventions programmes, et d’autre part, elle s’inscrit dans le processus du cycle de projet et sera réalisée conformément au document de politique interne de HI qui décrit le positionnement de l’association en matière d’évaluation.

II.1.2 Attentes et objectifs pour le commanditaire

La mise en œuvre d’une évaluation finale constitue pour Handicap International et ses partenaires une étape importante visant à mesurer les résultats et les effets d’un projet, et à en évaluer l’impact, tout en répondant aux dimensions de qualité, de redevabilité et d’apprentissage conformément au référentiel qualité de Handicap International (voir Annexe1).

L’évaluation externe devra contribuer notamment à garantir et démontrer que nos actions :

  • Produisent des changements positifs sur les conditions de vie de nos populations bénéficiaires,
  • Participent au renforcement des capacités de nos partenaires,
  • Induisent des attitudes plus inclusives.

L’évaluation finale devra répondre aux objectifs suivants:

  • Faire une analyse de la mise en œuvre des recommandations de l’évaluation 2014 : dans quelles mesures ont-elles été prises en compte (voir annexe 2: partie évaluation APPEHL 1 – points clefs des recommandations des consultants) ? Quels sont les points forts/les points faibles ?
  • Quel bilan peut-on tirer de notre positionnement quant à l’institutionnalisation des actions menées avec les acteurs et de leur pérennisation (particulièrement sur les aspects de définition et mise en œuvre d’un plan de plaidoyer, du modèle économique des actions engagées, d’accompagnement des ministères de l’éducation dans leur planification de l’éducation inclusive, de construction d’une offre de services éducation inclusive) ?
  • Faire une analyse précise du volet de formation des acteurs éducatifs ;
  • La réflexion sur l’accompagnement des enfants déficients intellectuels a-t-elle conduit à une prise en charge qui répond mieux à leurs besoins ?
  • L’enjeu de capitalisation et de diffusion a-t-il été adressé ? Quels en sont les résultats ? Quelles sont les prochaines étapes à proposer ? Cette évaluation permettra aussi de mesurer la plus-value de l’outil « convention programme » de l’Agence Française pour le Développement (Afd).

 

II.2 Objet de l’évaluation

II.2.1 Délimitation de l’action à évaluer

L’évaluation finale externe portera sur les résultats obtenus depuis le démarrage de cette phase 2 de projet (2015-2016-2017). Il sera demandé à l’équipe de consultants de faire une analyse spécifique de :

  • la stratégie de déploiement de l’éducation inclusive dans les systèmes nationaux développée dans le cadre de cette phase 2 et sur le modèle de déploiement qui la sous-tend ;
  • les conditions de pérennité des dispositifs d’inclusion qui constituent un enjeu majeur ;

L’évaluation s’inscrit dans une démarche de capitalisation des expériences, d’approfondissement et de renforcement des savoir-faire et des pratiques devant permettre d’apporter un certain nombre de recommandations et pistes de réflexion utiles à la conception d’interventions futures.

Ainsi, il est attendu la formulation de recommandations propres à HI et au dialogue avec l’AFD. Les résultats de l’évaluation devront servir à alimenter les réflexions sur les perspectives qui s’offrent à Handicap International pour renforcer l’impact de ses actions, notamment au niveau de la formation des acteurs éducatifs et de l’inclusion scolaire des enfants avec une déficience sévère.

II.2.2 Critères d’évaluation à mobiliser

Une auto-évaluation ( Le référentiel qualité sera utilisé pour analyser la situation. L’annexe 3 présente l’outil d’évaluation qui sera utilisé) sera conduite en interne par chacune des 9 équipes projet et coordonnée par la chargée régionale de suivi et évaluation. Ce travail associera les partenaires clés du projet dans le pays. L’analyse des résultats compilés se fera par le référent technique Education inclusive de Handicap International. Sur base du référentiel qualité HI, les résultats de ce travail permettront de prioriser les critères qui serviront de support à la formulation des questions évaluatives par l’équipe de consultants. Ces questions évaluatives seront formalisées dans le rapport de démarrage.

 

II.3 Méthodologie

La méthodologie de cette évaluation doit inclure les éléments suivants : analyse des documentations, entretiens individuels et collectifs avec les différentes parties prenantes, missions terrain, facilitation de séances d’auto-évaluation au sein des différents groupes de bénéficiaires, et avec les différents partenaires de mise en œuvre, ateliers de restitution et de validation, rédaction de rapports provisoire et final. La présentation filmée des résultats de l’évaluation d’une dizaine de minutes constitue un plus.

Il est proposé pour cette évaluation qu’elle soit mixte, alliant des ressources externes et internes à Handicap International. Ceci permettra de diffuser la culture de l’évaluation et renforcera les capacités de l’ONG commanditaire.

Les ressources mobilisées en interne interviendront au stade de l’auto-évaluation, participeront à au moins une mission terrain conjointe et lors de l’analyse.

Les visites terrain devront être organisées dans au minimum quatre (4) pays de la sous-région, tenant compte des différents contextes linguistiques (pays francophones, anglophones, lusophones). Le Niger, le Togo, la Guinée Bissau, et le Libéria devront faire partie des pays visités.

L’évaluation devra tenir compte des avis des différents acteurs et bénéficiaires, croiser leurs regards et perception sur les avancées du projet. Il sera demandé de prendre en compte dans l’analyse le genre et les différents types d’incapacité.

L’équipe d’évaluateurs proposera une démarche basée sur des techniques et outils d’évaluation participatifs en plus d’entretiens directs, par Skype et/ou par téléphone.

Toute autre proposition de méthodologie permettant d’avoir un aperçu global de la situation pourra être suggérée par l’équipe de consultants.

Les principaux interlocuteurs seront:

  • En interne à Handicap International
  • Le responsable de Programme et les chargés de projet du desk Afrique de l’Ouest;
  • La coordinatrice des projets régionaux d’Education Inclusive en Afrique de l’Ouest;
  • La chargée régionale de suivi et évaluation ;
  • Les Référents Techniques Education Inclusive ;
  • Les Chefs de projets et leurs équipes;
  • Les Directeurs de Programmes pays et les Coordinateurs techniques ;
  • Externe à Handicap International
  • Les partenaires de la société civile (organisations de/pour personnes handicapées, associations nationales œuvrant dans le domaine de l’éducation, réseau d’associations/organisations de la société civile)
  • Les Institutions partenaires (Ministères de l’Education nationale, ministères des affaires sociales et de la santé, Inspections académiques, Ecoles de formation des Maitres, collectivités territoriales, communes …);
  • D’autres acteurs régionaux et internationaux (Ancefa, FOAHP, Unicef WCAO, Save the children, Sightsavers, etc.);
  • Agence française de Développement (délégations locales, et DPO Paris).
  • Principes et valeurs

L’évaluation se déroulera en respectant les principes et les valeurs ci-dessous :

  • Le respect des règles éthiques de Handicap International, et de ses politiques de protection (protection de l’enfance, protection des bénéficiaires contre l’exploitation et les abus sexuels,…). Ces documents seront annexés au contrat de prestation.
  • La transparence et l’indépendance dans la réalisation de l’évaluation dans toutes ses étapes
  • L’implication des acteurs locaux et bénéficiaires dans l’évaluation, ainsi que la prise en compte de leur point de vue.
  • Sécurité

La réalisation des activités de Handicap International au Mali, au Burkina Faso et au Niger obéit à des règles sécuritaires suivies et mises à jour régulièrement par un référent sécurité du programme. Un briefing sécurité est organisé de manière systématique pour tout déplacement prévu dans ces pays.

  • Discrétion

Dans le cadre de cette évaluation, les informations sur les bénéficiaires, les partenaires et autres auront un caractère confidentiel. Les données collectées ne doivent pas être utilisées en dehors de cette évaluation sans l’autorisation préalable de Handicap International. Les informations sur les bénéficiaires doivent être traitées dans la discrétion et dans le respect de leur dignité.

 

II.4 Moyens

II.4.1 Humains : expertise recherchée

L’évaluation sera réalisée par une équipe de consultants externe et interne à Handicap International afin de pouvoir bénéficier d’un regard croisé sur le programme mis en œuvre. Au plan interne, le référent technique sera mobilisé ainsi qu’une autre ressource compétente du secteur de l’éducation inclusive provenant du terrain.

Au niveau de l’équipe de consultants externes, les principales qualités requises pour répondre aux différents besoins et enjeux due l’évaluation de la Phase 2 du programme APPEHL sont les suivantes :

  • Être responsable des résultats de l’évaluation et du contrôle de la qualité à tous les niveaux du processus d’évaluation ;
  • Capacité de comprendre les disciplines en lien avec les domaines d’intervention du projet ;
  • Capacité de faciliter ou de mobiliser des facilitateurs pour les auto évaluations ;
  • Expérience significative en évaluation de projet de coopération internationale et de développement ;
  • Une expertise reconnue en matière d’éducation inclusive;
  • Une connaissance approfondie des contextes éducatifs Ouest africains ;
  • Une bonne connaissance de Handicap International et de l’AFD

II.4.2 Financiers

Le budget proposé devra comprendre l’ensemble des frais, y compris les honoraires, hébergement, voyages internationaux et régionaux, frais de traduction, etc.).

 

II.5 Calendrier de l’évaluation

La présente évaluation finale débutera dans la mesure du possible en Mai 2017 et se terminera au plus tard en Juillet 2017. Les auto-évaluations internes seront conduites entre Mars et Avril 2017.

Les offres sont attendues jusqu’au 01 Avril 2017 et les résultats de l’évaluation des offres seront connus pendant le mois d’Avril. Le contrat pourra être signé dans les jours qui suivent la proclamation des résultats.

L’équipe de consultants devra démontrer que le travail sera réalisé dans le délai souhaité. Cela inclura entre autres, les dates de soumission du plan de démarrage, du rapport provisoire sur les résultats, du rapport final, etc.

Proposition d’agenda indicatif pour la mission : il appartient à l’équipe de consultants de faire une proposition.

Tâches Période
Revue des documents remis et d’entretiens préalables, cadrage et rapport de démarrage Début Mai
Missions sur le terrain (Collectes d’information complémentaires et analyse des données, rencontres) Mi Mai – Mi Juin
Collecte des informations et interview à distance Mi Mai – Mi Juin
Présentation à chaud des premiers résultats et recommandations Mi Juin
Croisement analyse, rédaction du 1erdraft de rapport final Fin Juin
Rapport final sur base des commentaires Mi juillet

II.6 Résultats et livrables

  • Un rapport de démarrage faisant ressortir la compréhension de termes de référence et les modalités de mise en œuvre de l’évaluation sera envoyé à HI avant la phase de terrain ;
  • A la fin de la mission de terrain, à chaud, les premiers résultats et recommandations seront présentés par l’évaluateur à Lyon et discutés avec l’équipe HI (Coordo régionale, Desk et RT) ;
  • Suite à cette restitution, un premier rapport sera rédigé dans les 8 jours par l’évaluateur et envoyé à HI. Ce rapport sera commenté par les équipes HI ;
  • Suite à cette validation et tenant compte des différentes remarques, le rapport final sera transmis par l’évaluateur en version électronique au plus tard deux semaines après la restitution finale. Les recommandations des évaluateurs seront clairement exprimées. Ce rapport final devra inclure une synthèse de 2 à 3 pages maximum ;
  • Un support filmé des résultats de l’évaluation d’une dizaine de minutes constitue une valeur ajoutée.

 

II.7 Dépôt des offres

Les offres techniques et financières sont à envoyer  uniquement par e-mail  en français sous la référence EVAL-APPEHL2 avant le 18 Avril 2017 à Sandra BOISSEAU, Coordinatrice Régionale: sandra.boisseau@handicap.be.