Une politique de solidarité internationale en marche ?

Une politique de solidarité internationale en marche ?

Éditorial de Philippe Jahshan président de Coordination SUD, publié dans le dernier numéro des Nouvelles de SUD.

Quel bilan faire après les six premiers mois du quinquennat pour la politique de solidarité internationale ? Au titre des avancées, l’engagement à atteindre 0,55 % du RNB pour l’aide publique au développement (APD) à l’horizon 2022 donne un cap et une dynamique, même s’il n’est pas à hauteur du 0,7 %. De même, la prise de conscience des déséquilibres de notre APD a trouvé quelques actes concrets lors du dernier Comité interministériel pour la coopération au développement : sa faible part de dons ou de celle qui bénéficie aux pays les moins avancés, ou encore la maigreur de l’aide humanitaire !

Toutefois de nombreuses questions demeurent : les conditions de l’atteinte du 0,55 % restent floues, le niveau, la qualité et la lisibilité de l’appui de l’État à la coopération non gouvernementale restent très en deçà de nos attentes ; la transparence de l’APD française et la complexité de son pilotage également. Et si la remobilisation est effective, il restera à savoir pour quels enjeux. De fait, si la copie est clarifiée sur certains sujets elle reste bien plus confuse sur d’autres, comme sur les migrations.

Il faudra continuer de rappeler que la stabilité du monde passera par une lutte résolue contre la pauvreté, les inégalités et les changements climatiques. Rien ne doit pouvoir détourner l’APD de ces enjeux. Il faudra redire notre refus de tout conditionnement de l’aide par principe, et parce que cela est inefficace. Enfin, si nous avons salué la mise en place d’une feuille de route pour les objectifs de développement durable, il faudra qu’elle permette une mise en cohérence effective et mesurable des politiques publiques avec le développement durable. La soutenabilité du monde passera aussi par là.

 

Illustration : SkateAddiction