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29/03/2020

Futur budget de l’UE : mobilisons-nous !

Dans les pays partenaires de l’aide européenne, les délégations de l’UE ouvrent actuellement des processus de consultation dans lesquels vous et vos partenaires pouvez vous impliquer.

Tribune : Europe et objectifs de développement durable, un rendez-vous manqué ?

L’Union européenne revisite ses priorités et redistribue ses ressources en vue de son prochain budget pluriannuel : une opportunité sans précédent pour mettre en œuvre les objectifs de développement durable (ODD). Le portage politique est pourtant loin d’être à la hauteur des enjeux. 

Les deux prochaines années vont façonner l’Europe de demain : tous les domaines de l’action européenne sont examinés afin d’opérer un rééquilibrage entre priorités traditionnelles (agriculture, cohésion, compétitivité) et émergentes (notamment la sécurité et les migrations). Cet exercice politique doit aboutir fin 2019 avec l’adoption d’un nouveau Cadre financier pluriannuel (2021-2027). Malgré un budget amputé de la contribution du Royaume-Uni, les ressources de l’action extérieure devraient être augmentées. Le Cadre financier arrivera à terme trois ans avant la date butoir de la mise en œuvre des ODD. Cette nouvelle pourrait être accueillie avec enthousiasme : l’Union européenne (UE) aurait-elle enfin enclenché sa transition vers un monde plus juste et durable ?

A la lecture de la communication qui reprend les propositions de la Commission européenne, la réponse est indubitablement non. Évocateur, le titre Un budget moderne pour une Union qui protège, qui donne les moyens d’agir et qui défend donne une image sombre de l’avenir de l’Europe. La posture est défensive, la vision, court-termiste. La Commission propose par exemple un « changement radical pour la sécurité et la défense », davantage orienté vers la coercition, au détriment d’une approche durable de la sécurité fondée sur les droits humains et la prévention des conflits. L’approche sécuritaire domine également les migrations : les moyens mis à disposition de la gestion des frontières pourraient être quadruplés. S’ils suivent la Commission, les États membres poseront un choix politique clair : celui de consolider l’Europe forteresse, au mépris du respect des droits fondamentaux des personnes migrantes. Le niveau d’ambition est bien moindre en matière d’environnement : 25 % des dépenses de l’UE contribueraient à la réalisation des objectifs climat, soit deux fois moins que ce qui est demandé par la France.

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L’aide publique au développement (APD) n’est pas épargnée. La Commission propose en effet une restructuration majeure des instruments d’action extérieure : de douze, ils passeraient à un. Cette simplification n’est cependant pas mue par la volonté de prendre en compte le caractère pluridimensionnel et transversal des ODD mais à consacrer le recentrage de l’Union sur ses intérêts propres. Ce recentrage requiert, selon l’UE, un meilleur alignement de l’APD sur les intérêts stratégiques de l’UE, quitte à sérieusement ébranler, au passage, les principes d’efficacité de l’aide.

En termes de priorités, la pauvreté, les inégalités et les changements climatiques figurent bien sûr la liste des défis mondiaux auxquels l’instrument global doit répondre, mais et cela n’a rien de fortuit, ils sont cités après les migrations, les conflits, l’instabilité et la sécurité. Les migrations apparaissent d’ailleurs comme une priorité transversale, aux côtés de l’environnement, de l’action climatique et de l’égalité femmes-hommes. En précisant qu’elles seront « identifiée[s] et traitée[s] dans l’ensemble de l’instrument et dans les différents piliers », la Commission entérine une approche décriée par la société civile : appréhender le développement sous le prisme des migrations et non l’inverse.

Les États membres ont jusqu’à mars 2019 pour opérer un changement radical de cap. Si l’ensemble du budget et plus particulièrement l’action extérieure, n’est pas aligné sur les ODD, l’Europe aura raté une opportunité historique. Peut-elle seulement se le permettre ?

Par Katarzyna Lemanska (Action santé mondiale), cheffe de file de la commission Europe de Coordination SUD.

Cet article a été publié dans le dernier numéro des Nouvelles de SUD (été 2018)

 

Retrouvez en version html les principaux articles du numéro :

Commission Jeunesse Dossier débat NDS été 2018
L'invité des NDS été 2018 La tribune des NDS été 2018

 

 

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