Sommet des OMD : la CME France représentée par Solidarité Laïque

Cette étude établit une photographie de l’accès à l’école et propose sept mesures pour scolariser 69 millions d’enfants d’ici 2015.

L’accès à l’éducation en 2010 : les faits

  • L’éducation subit de plein fouet la crise économique : le rapport indique que les pays pauvres pratiquent actuellement des coupes budgétaires de l’ordre de 4,6 milliards de dollars par an en moyenne. Au cours des 12 derniers mois, le Kenya, par exemple, a reporté l’allocation de son budget pour l’éducation destiné à la scolarisation à 9,7 millions d’enfants.
  • Le financement de l’éducation est inégal : la volonté politique est un facteur déterminant pour la scolarisation des enfants. Au Nigéria, sixième puissance pétrolière mondiale, le manque de volonté politique conduit le pays à tenir le triste record du nombre le plus élevé d’enfants privés de scolarité : ils sont aujourd’hui 8,2 millions à ne pas aller à l’école, parmi lesquels une majorité de filles qui la fréquentent en moyenne 6 mois au cours de leur existence.
  • L’accès à l’école secondaire, oubliée de l’éducation : l’étude dresse le panorama des pays selon l’accès à l’enseignement secondaire. Il apparait aujourd’hui qu’un seul état africain parvient à scolariser plus de 50% des enfants dans le secondaire.
  • La qualité de l’éducation : elle doit être une préoccupation centrale dans la mise en œuvre des plans internationaux et nationaux de l’éducation. 1,1% du montant de l’aide est alloué directement à l’éducation. 74% de ce montant est affecté à une assistance technique.

Roland Biache, Délégué Général de Solidarité Laïque et représentant en France de la CME, constate que les déclarations d’intention ne riment pas avec action : Même si 40 millions d’enfants supplémentaires ont été scolarisés depuis 2000, la somme des efforts à fournir est immense pour atteindre les OMD 2 et 3. La promesse faite par les chefs d’états en 2000 à New York est oubliée. Tout comme l’engagement pris en 2008 à Londres par Gordon Brown et Nicolas Sarkozy, de permettre la scolarisation de 16 millions d’enfants en Afrique Subsaharienne avant la fin de l’année 2010.

Il ajoute « tout le monde s’accorde à dire que l’éducation est importante, mais force est de constater qu’au-delà des discours, les actes manquent. L’éducation fait aujourd’hui face à une crise permanente et silencieuse ».

Le rôle de la France

Depuis 2005, l’éducation fait partie des secteurs prioritaires de l’aide française (APD). Pourtant, les montants consacrés par la France à l’éducation dans son aide publique au développement restent relativement faibles. Pour atteindre l’objectif de l’éducation pour tous en 2015, elle devrait plus que tripler le montant actuel pour passer de 443 millions à 1,26 milliards de dollars USD*.

La France doit développer une démarche politique forte pour renforcer les complémentarités des actions bilatérales, européennes et multilatérales (notamment autour du Fast Track Initiative – FTI/ Initiative de mise en œuvre accélérée pour l’Education pour tous – IMOA)

La France doit redéfinir le périmètre géographique de son aide afin de ne plus comptabiliser dans son APD des crédits affectés aux Territoires ou départements d’Outre-mer

Certains frais de scolarité sont comptabilisés dans l’APD française lorsqu’elle accueille au sein de ses universités des étudiants étrangers. De même, la France comptabilise dans son APD les dépenses liées à l’accueil d’étudiants issus de pays en développement dans son réseau de lycées français, dont l’objectif, loin de contribuer au renforcement des systèmes éducatifs nationaux, est avant tout d’assurer la continuité du service public d’éducation pour les français vivant à l’étranger.

L’éducation pour tous : 7 pistes à explorer

La campagne Mondiale pour l’éducation appelle les chefs d’Etat et de gouvernements présents cette semaine à New York à faire de l’éducation une priorité.

Les pays en développement doivent :

  1. Consacrer 20% de leur budget national au secteur de l’éducation
  2. Assurer la gratuité de l’école pour que l’école pèse moins sur le budget des familles
  3. Recruter 1,9 millions de professeurs, assurer leur formation et mettre à leur disposition des matériels adaptés. En contrepartie, les pays riches doivent :
  4. Dès 2011, doubler le montant alloué à l’éducation de base. 5.Cesser de prendre en compte dans le montant de l’Aide publique au développement, les coûts liés à l’accueil des étudiants étrangers 6.Flécher les crédits de la coopération éducative vers les pays les plus en difficultés 7.S’engager résolument dans la voie des moyens de financements innovants de l’éducation, en mesure additionnelle de l’Aide publique au développement

L’étude : « Rentrée scolaire 2010 : les oubliés de l’accès à l’éducation » est disponible sur http://www.solidarite-laique.asso.fr

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