Solidarité internationale : place aux jeunes et au soutien à l’ECSI !

Solidarité internationale : place aux jeunes et au soutien à l’ECSI !

Suite au succès de l’atelier « Pour une prise en compte des jeunesses en tant qu’actrices des projets de solidarité internationale », organisé en mars 2018, Coordination SUD élabore de nouvelles pistes de travail et de réflexion.

Tout commence par un constat : les « jeunesses » ici et là-bas constituent un acteur clef pour l’atteinte des objectifs de développement durable, d’une part de par leur poids démographique sur notre planète, mais également parce qu’elles constituent le principal acteur du changement social. A ce titre, les ONG de la solidarité internationale témoignent d’un intérêt grandissant pour la prise en compte des « jeunesses actrices » dans les projets et les structures. Mais malgré les bonnes pratiques existantes, les besoins d’accompagnement des acteurs et des actrices dans notre secteur et dans les institutions de coopération internationale restent prégnants.

Coordination SUD, via sa commission Jeunesse et solidarité internationale travaille depuis près de dix huit mois sur deux axes. Le premier concerne le renforcement des membres de Coordination SUD en vue d’une meilleure prise en compte des jeunesses dans leurs actions. Les questions posées sont nombreuses : comment mobiliser toutes les jeunesses ? Comment s’assurer d’une participation à la gouvernance des projets menés ou des structures qui les réalisent ? Comment mesurer les effets des actions de solidarité internationale chez les jeunes ? Pour cela, la commission réfléchit à la mise en œuvre d’un programme de formation, d’échanges de pratiques et de recherche-action sur le sujet à destination des membres de Coordination SUD.

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Parallèlement, la Coordination SUD poursuit son plaidoyer auprès des pouvoirs publics, afin de partager sa vision de« jeunesses actrices », d’en faire un sujet transverse, au même titre que la question du genre, dans le soutien à des politiques de solidarité internationale. Un document de positionnement sur ce sujet sera prochainement publié. Enfin, un groupe de travail devrait être mis en œuvre avec l’AFD dans les prochains mois pour que celle-ci se dote d’une stratégie jeunesse.

Le travail d’empowerment collectif de Coordination SUD se poursuit et ses acteurs et ses actrices se mobilisent pour faire place aux jeunes car sans eux.elles, les actions de développement des ONG ne seront jamais durables.

par Kelly Gène (Cnajep), administratrice de Coordination SUD référente jeunesse et solidarité internationale.

 

Suscitons un élan populaire pour une solidarité ici et là-bas.

Philipper JahshanLa France souffre depuis longtemps d’un défaut d’élan national pour le développement malgré une opinion publique plutôt en sympathie avec ces sujets. Les raisons à cela sont diverses. Elles sont à chercher dans l’affaissement du portage politique depuis presque 10 ans. Mais elles sont aussi et surtout à chercher dans la faiblesse chronique du soutien en faveur de l’éducation à la citoyenneté et à la solidarité internationale (ECSI).  La sensibilisation aux nécessités de la solidarité et de la coopération au développement doit passer par une plus forte inclusion de ces sujets dans les programmes scolaires, dans les parcours d’engagement des jeunes, dans l’ouverture des écoles aux acteurs associatifs de l’ECSI. Un consensus national, pour qu’il soit durable, nécessite un investissement permanent et massif de tous les acteurs : État, collectivités territoriales, associations. Dans le monde où les replis de toute sorte se multiplient et où à juste titre, les populations en souffrance de nos pays plaident d’abord pour une solidarité qui leur soit dédiée, il faut redire l’impasse de l’opposition des solidarités. L’interdépendance des enjeux nous enjoint à la coopération. Aussi pour continuer à nourrir un esprit d’ouverture et de solidarité en France et pour bâtir une nation fraternelle, il faut redoubler les efforts pour sensibiliser. Il faut valoriser la solidarité dans l’accueil des personnes migrantes plutôt que d’en faire un délit parce qu’une nation de citoyen.ne.s ouverts sera toujours plus encline à soutenir les politiques de solidarité internationale. Il ne peut y avoir de consensus populaire durable pour l’APD quand on cultive la méfiance de l’autre.

Par Philippe Jahshan président de COordination SUD

Ces articles ont été publiés dans le dernier numéro des Nouvelles de SUD (été 2018)

 

Retrouvez en version html les principaux articles du numéro :

Commission Jeunesse Dossier débat NDS été 2018
L'invité des NDS été 2018 La tribune des NDS été 2018