RD Congo : Oxfam France – Agir ici s’inquiète des conséquences sur les civils des opérations militaires soutenues par l’ONU au Sud Kivu

La MONUC, la force de maintien de la paix de l’ONU en République Démocratique du Congo, s’apprête à prêter main forte à l’armée congolaise (les Forces Armées de la RDC) dans le cadre d’une nouvelle offensive menée contre les miliciens du FDLR (Forces démocratiques de Libération du Rwanda).

Bien qu’Oxfam France – Agir ici soit consciente de la nécessité de mettre un terme aux effroyables violations des droits de l’Homme commises par les rebelles armés, l’organisation souligne qu’une action augmentant en toute connaissance de cause le degré de souffrances humaines ne pourra pas être la réponse adéquate. L’organisation demande notamment à ce que des efforts non militaires plus importants soient déployés en vue de désarmer les groupes rebelles.

« La situation en République démocratique du Congo est aussi dramatique qu’à l’automne dernier, mais le sort des Congolais n’intéresse plus grand monde et les renforts de troupes promis en décembre dernier se font toujours attendre. La France, qui doit piloter un déplacement du Conseil de Sécurité des Nations unies sur place en fin de semaine, doit s’assurer que l’objectif premier des troupes actuellement sur le terrain est la protection des civils » déclare Nicolas Vercken, d’Oxfam France – Agir ici

Pour Oxfam France – Agir ici, toute action militaire doit être conforme au droit international humanitaire et s’assurer d’avoir le moins d’impact possible sur les civils. L’organisation a également réclamé des sanctions appropriées pour toute violation du droit international humanitaire. Depuis bien trop longtemps, les violations des droits de l’homme, y compris celles commises par les soldats du gouvernement, sont dans une vaste mesure restées impunies.

« Il y a quatre mois, une offensive menée contre le groupe FDLR a engendré une spirale de violence à l’encontre des civils qui a contraint 250 000 personnes à abandonner leur foyer, provoquant la mort de nombreuses personnes et de grandes souffrances qui demeurent d’actualité. Quelle qu’en soit la justification, cette offensive s’est transformée en un désastre humanitaire et a été, qui plus est, ignorée par le reste du monde. L’ONU doit prendre conscience de l’ensemble des conséquences qu’implique le maintien de son soutien à l’intervention militaire dans le contexte actuel » a déclaré Marcel Stoessel, Directeur d’Oxfam Grande-Bretagne en RD Congo.

L’offensive conjointe contre le FDLR au Nord-Kivu, lancée en janvier 2009, a déjà causé d’énormes souffrances pour des milliers de civils. Environ 250 000 personnes ne sont toujours pas en mesure de retourner vivre dans leurs foyers. Des villageois ont déclaré que des milliers de foyers avaient été réduits en cendres dans le cadre d’attaques menées par les FDLR à titre de représailles. Des témoignages ont également fait état des viols et des pillages commis par l’ensemble des parties au conflit, y compris les forces gouvernementales.

Selon plusieurs organisations, dont Oxfam international, déjà 100 000 personnes auraient fui leurs foyers dans le Sud-Kivu avant même le lancement de la nouvelle offensive et 400 000 personnes supplémentaires pourraient faire de même dans les prochaines semaines.

Notes aux rédactions

  1. Une vidéo en haute définition en provenance de Lubero, Nord-Kivu, est disponible par serveur FTP.
  2. Le 20 janvier, les armées rwandaise et congolaise et la milice du CNDP ont lancé une offensive conjointe visant à désarmer le groupe rebelle du FDLR par la force. L’armée rwandaise a quitté le sud du Congo à la fin du mois de février dernier, mais l’offensive se poursuit dans le Nord-Kivu et s’étend au Sud-Kivu.
  3. Fin 2008, les combats entre le gouvernement congolais et le groupe rebelle CNDP ont provoqué le déplacement de plus de 250 000 personnes.
  4. Dans le baromètre de la protection des civils évaluant l’impact sur les civils de 10 conflits qui se sont poursuivis en 2008, Oxfam France – Agir ici souligne que la RDC a connu l’une des deux plus importante vague de déplacés en 2008 et que 75% de la population congolaise souffrent de malnutrition. Pourtant, la moyenne d’aide au développement pour les Congolais est de 20 dollars par habitant et par an alors qu’il est de 350 dollars en moyenne par Irakien.

Contact

Magali Rubino
mrubino@oxfamfrance.org
00 33 (0)1 56 98 24 45 / 00 33 (0)6 30 46 66 04

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