La société civile est-elle vraiment écoutée par les pays du G7 ?

La société civile est-elle vraiment écoutée par les pays du G7 ?

 

C’est une ambiance teintée de scepticisme et d’un certain mécontentement qui a marqué la matinée de la première journée du C7, visant à faire le bilan des rencontres de ces derniers mois entre la société civile et les représentant·e·s des pays du G7. Après une présentation très intéressante réalisée par Focus 2030 sur l’opinion des français·e·s par rapport aux enjeux du G7 (voir encadré), la discussion est entrée rapidement dans le vif du sujet. La vraie question est : la société civile est-elle vraiment écoutée par les pays du G7 et sa parole sera-t-elle prise en compte dans l’éventuel communiqué final ? Comment en est-on arrivé là ? Si le processus de discussion avec la société civile a pu présenter de réelles opportunités, lors des rencontres ministérielles thématiques, le constat est clair : à 7 semaines du G7, la société civile a eu et a encore de réelles difficultés à obtenir des engagements ambitieux. De même les craintes sont importantes sur la réalité des engagements financiers qui seront annoncés au G7. Et le mécontentement est palpable sur l’étendue de sa participation au processus,  une participation accordée ou devrions-nous dire limitée, par la présidence française (Le sujet a déjà été abordé lors d’une récente lettre ouverte des ONG à Emmanuel Macron en juin dernier).

Déception donc sur la qualité du dialogue entre les officiels et les groupes d’engagements, notamment pour les membres du Women 7, le groupe d’engagement féministe qui fait le constat que le travail du W7 a été 10 fois plus difficile en France que pour la préparation du G7 canadien de 2018. Constats : l’enjeu des femmes dans plusieurs ministérielles du G7 n’existait pas,  aucune mention des droits et santé sexuels et reproductifs, et  grosse crainte sur le montant des engagements financiers lors de la ministérielle égalité femmes-hommes.

Autre exemple, la question climat évoquée lors de la ministérielle à Metz en mai dernier, où d’après les associations présentes, il y avait un manque d’objectifs clairs de la part du G7, et aucun effort fait en termes de redevabilité. Côté santé, la ministérielle a été plutôt positive si on parle juste de l’agenda. Mais beaucoup de déclarations, et peu de livrables concrets. C’est un peu le fil rouge des différentes ministérielles. Autre point d’inquiétude, le fait qu’il pourrait ne pas y avoir de communiqué conjoint des pays du G7 sur certaines thématiques. Le climat, on s’en doute, mais aussi l’égalité femmes-hommes. Et sans communiqué, aucun engagement concret commun notamment financier. Or sans ambition et sans argent, les belles paroles restent ce qu’elles sont et rien de plus. Emmanuel Macron réussira-t-il son G7 ? Quel héritage, quelle marque, laissera la France ? La question est posée.

Perceptions et opinions des Français·e·s sur le G7 et ses priorités ?

A l’occasion de la présidence française du G7, Focus 2030, associée au

University College London et à la Birmingham University, et en lien avec de nombreuses ONG, think tanks et institutions ont souhaité interroger les perceptions des français·e·s sur le G7 et ses priorités.

Il ressort de cette enquête menée en mai dernier auprès d’un échantillon de plus de 2.000 adultes représentatifs de la population et interrogés par questionnaire en ligne via l’institut YouGov (taux de marge d’erreur de +/-2%) les faits suivants :

  • 70% des français ont une connaissance du G7.
  • Le thème central du G7 sous présidence française, la lutte contre les inégalités dans le monde, est quant à lui quasi-plébiscité avec 65% des français·e·s qui approuvent le choix de ce thème contre 8% seulement qui le désapprouve.

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