Pour la liste emmenée par Nicolas Dupont-Aignan, tout doit être fait pour décourager les populations de partir et, au contraire, leur offrir un avenir chez elles.

Pour la liste emmenée par Nicolas Dupont-Aignan, tout doit être fait pour décourager les populations de partir et, au contraire, leur offrir un avenir chez elles.

Le 26 mai prochain aura lieu, en France, l’élection des membres du Parlement européen pour la période 2019-2024. Coordination SUD se mobilise dans le cadre de ces élections et appelle les futurs membres du Parlement européen à agir pour une Europe durable, juste et solidaire, où l’engagement citoyen et des organisations de la société civile est au cœur du projet européen.  

Nous avons donc interviewé chaque liste candidate à ces élections pour connaître ses positions et son programme sur ces sujets. L’analyse de l’ensemble des réponses sera prochainement diffusée sur notre site.

La liste Le courage de défendre les Français est menée par Nicolas Dupont-Aignan. Elle représente Debout la France, le Centre national des indépendants et paysans. Voici le texte adressé par l’équipe de cette liste à notre série de questions.

 

Participez au grand oral des candidat·e·s

Coordination SUD et le Mouvement associatif organisent un grand oral des candidates et candidats aux élections européennes pour discuter d’une « Europe que nous voulons démocratique, solidaire et durable ». D’ores et déjà, du beau monde est prévu. Où et quand ? A la Maison de l’Europe à Paris le 14 mai de 9h à 12h. Réservez vite votre place.
Plus d’infos et inscription

La réponse

« A titre introductif, Debout la France a une vision très différente de la construction européenne. Contrairement aux caricatures, nous ne souhaitons pas la fin de la construction européenne mais souhaitons un modèle alternatif.

L’union Européenne supra nationale ne fonctionne pas, contourne la démocratie et concentre le pouvoir dans une technocratie illégitime. Le Traité de Lisbonne a été adopté contre la volonté de la France et de la Hollande exprimée par référendum par une manœuvre parlementaire illégitime. Depuis lors, l’UE a perdu tous les référendums organisés et n’a pas la confiance des peuples.

Nous souhaitons que les nations exercent l’essentiel de leurs prérogatives et que l’Europe soit le lieu de coopérations concrètes à la carte.

A ce titre, l’aide au développement doit redevenir une prérogative nationale liée, ce qui permettra d’ailleurs d’en réduire le coût de gestion administrative.

En revanche, il est tout à fait possible de mener des grands projets humanitaires en commun, notamment le grand plan de co-développement que Debout la France propose depuis la création du parti en 2007 qui pourrait s’appuyer sur des investissements massifs à taux 0% garantis par la Banque Centrale Européenne.

 

Pour répondre à la promotion d’un développement durable, nous partageons avec vous l’importance de l’aide publique au développement. L’accès à la santé et à l’éducation, la promotion de l’agriculture familiale et de l’agroécologie, et l’accès à l’eau et à l’assainissement, le développement des activités économiques ou encore la promotion de l’État de droit sont au centre de notre grand programme de coopération avec l’Afrique que nous devons mettre en œuvre. 

Notre grand partenariat entre l’Europe et l’Afrique devra se concrétiser à nos yeux par les propositions suivantes :

  • La mise en place d’une « OPEP » des denrées agricoles qui, sur le modèle de ce qui existe depuis 1970 pour le pétrole, aurait pour objectif de réguler l’offre afin qu’elle s’ajuste constamment à la demande en faveur des prix justes pour les producteurs ;
  • Un nouveau « Plan Marshall » visant, avec les conseils de la FAO, à aider massivement les investissements agricoles dans les pays en développement ;
  • Favoriser l’électrification du continent africain, qui est l’une des principales conditions de son développement économique.
  • Il importe aussi d’apporter notre aide au développement de la « grande muraille verte » au Sahel pour protéger l’Afrique de la désertification ;
  • Les projets de développement agricole doivent favoriser les coopérations Sud-Sud.

 

Il est évident que l’aide humanitaire ne peut être un moyen de chantage envers des états souverains. En revanche, il est normal que deux pays partenaires exigent chacune la réciprocité du respect du droit international, en particulier le retour de ressortissant ayant immigré de manière clandestine.

Nous sommes très méfiants envers les conflits d’intérêts et le rôle paraétatique que peut créer l’inclusion du secteur privé dans l’aide au développement. Toute violation des standards doit évidemment être durement sanctionnée et les coupables écartés de tout projet.

 

Aussi, dans votre manifeste ( « Une Europe engagée pour un monde juste et durable – Coordination SUD »), vous insistez sur la promotion de l’égalité des genres. Nous ne pouvons évidemment que partager le même constat sur les inégalités entre les hommes et les femmes. 

Pour Debout la France, la notion d’égalité entre les sexes traduit cet idéal républicain de liberté, égalité, fraternité et ce qui distingue les sexes n’a pas à se traduire en inégalité politique, sociale, ou culturelle. L’émancipation des femmes doit se mesurer dans la vie quotidienne, dans l’égalité des chances qu’elles ont à être indépendantes financièrement mais aussi dans la capacité à ne pas être prisonnières de leurs responsabilités familiales et à accéder aux plus hautes fonctions de la République.C’est pour cette raison que Debout la France a investi Marie Jo Zimmermann comme 4ème de liste, éligible pour devenir euro-député. Députée honoraire, Mme Zimmermann a présidé pendant 10 ans la délégation parlementaire aux droits des femmes. Elle a notamment fait voter les lois pour assurer la représentation paritaire des femmes au sein des instances dirigeantes des entreprises.

Pour affirmer l’égalité des genres, nous pensons donc qu’il est nécessaire de:

  • Créer un label ‘’F-H’’ permettant un allégement de cotisations pour les entreprises respectant l’égalité salariale;
  • Appliquer de manière stricte la loi concernant les discriminations salariales ou les discriminations dans le domaine de l’accès à l’emploi et aux formations;
  • Mettre en place un droit à la formation suite à un congé maternité ou congé parental pour faciliter les évolutions professionnelles;
  • Infléchir la politique de santé publique afin que l’offre de soins spécifiques aux femmes (gynécologie, maternité, accès à l’IVG, fréquence des tests de dépistage et de contrôle…) soit correctement assurée;
  • Améliorer la protection des femmes de commerçants, artisans et agriculteurs qui ont œuvré à l’activité de leur conjoint en validant plus souplement leurs trimestres de cotisation vieillesse.
  • Permettre une facilité d’accès au monde politique et à la représentation des femmes en politique.

 

Dans votre manifeste, vous soulignez (et légitimement) l’importance du droit d’asile comme droit fondamental garanti par les conventions internationales ratifiées notamment par la France.

Cependant, pour être en mesure d’accueillir dignement les personnes qui sont véritablement éligibles au droit d’asile, il faut contrôler strictement les autres formes d’immigration légale et expulser les clandestins.

Quels que soient les efforts que font les pays dits développés pour accueillir dignement les populations défavorisées, ils ne seront jamais à la mesure de compenser les injustices mondiales de développement.

Tout déracinement de population est un drame pour les immigrés. Chaque être humain doit pouvoir vivre et s’épanouir là où il est né, près des siens et au sein de sa culture.

Chaque pays doit être responsable de ses frontières et de sa politique migratoire telle que votée par ses citoyens lors des élections. En revanche, il est possible de mettre en place une force européenne de contrôle des frontières qui mette hors d’état de nuire les réseaux de passeurs.

Les pays membres de l’Union Africaine ont déjà refusé le projet européen d’installer des camps de migrants en dehors de l’UE. DLF respecte évidemment la souveraineté des états africains. Aussi, les migrants non éligibles à l’asile devront rentrer dans leur pays d’origine.

Aucune force de sauvetage ne pourra sauver tous les innocents même s’il faut faire le maximum d’efforts pour leur porter secours puis les ramener au point de départ. Tant que l’Europe apparaîtra comme un futur meilleur pour les populations qui peuvent immigrer, ces personnes prendront des risques inconsidérés. Tout doit  être fait pour les décourager de partir et au contraire, leur offrir un avenir chez eux.

 

L’importance de la représentation de la société civile dans notre démocratie est primordiale. Depuis des années, de nombreuses personnalités de la société civile sont présentes sur nos listes. La société civile représente dans une démocratie légitimement le lien fondamental entre l’Etat et les citoyens.A ce titre, Debout la France a donné la 2ème place à

Stéphanie Gibaud, qui n’est pas membre de notre parti mais est une lanceuse d’alerte reconnue pour son courage dans l’affaire UBS mais aussi la défense de Julian Assange.

Nous refusons toute ingérence dans la vie interne des nations, surtout des démocraties où les conflits sont arbitrés par le vote des citoyens. Les ingérences permanentes cachent en réalité des enjeux géopolitiques qui ont produit les pires désastres militaires et humanitaires possibles depuis 20 ans.

Par exemple, plusieurs gouvernements français ont protégé de manière scandaleuse certains criminels en fuite, notamment des italiens alors que notre voisin latin est un état de droit qui juge de manière parfaitement transparente ses ressortissants. Extradés en Italie, ces criminels ont d’ailleurs reconnu leurs crimes après avoir menti pendant des années sur leur innocence.

Au contraire, des innocents comme Julian Assange ou des lanceurs d’alerte victimes des réseaux financiers sont lâchement abandonnés. La France doit offrir l’asile à tous les militants ou minorités persécutées mais cesser des fausses croisades contre des régimes démocratiques légitimes.

En revanche, la France doit cesser de financer des régimes autoritaires et antidémocratiques. Les 9.5 milliards d’euros versés par l’UE à la Turquie au titre de la préadhésion et de la crise migratoire sont inacceptables et DLF exigera l’arrêt de tous les versements.

 

Parce que l’écologie est aussi un pivot majeur du développement européen, nous entendons apporter des solutions concrètes garantissant à la fois le développement durable et le respect d’une bonne alimentation. 

Ainsi, nous proposons concernant l’environnement:

  • Promouvoir l’économie circulaire dans notre quotidien : conception éco-responsable d’un produit – production à partir de matières recyclées – consommation – recyclage – production d’un nouveau produit à partir de matières recyclées. (cela passe par la création de filières de tri, et des investissements massifs des entreprises);
  • Optimiser la politique d’économie d’énergie dans le bâtiment, qui représente 45 % du total de la consommation d’énergie en France;
  • Diminuer les rejets de gaz à effet de serre engendrés par nos véhicules;
  • Organiser et assurer le financement de la transition écologique;
  • Défendre les paysages et la qualité de vie française : concilier écologie, compétitivité économique et qualité de vie par un aménagement raisonné du territoire.
  • Passer la TVA à 0% pour les produits frais de qualité, fruits, légumes, viandes et protéines végétales afin que tous les ménages puissent se nourrir sainement avec des produits locaux de saison. »