Les forêts font partie de la solution à la crise climatique

Les forêts font partie de la solution à la crise climatique

Pour atteindre l’objectif de limitation du réchauffement planétaire à 1,5°C tel que validé par l’accord de Paris, les Etats doivent tous s’engager à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre dans le cadre des contributions déterminées au niveau national (CDN). Et les forêts jouent un rôle clef dans la mécanique climatique et dans ces contributions.

 

Ce sujet était en discussion lundi 1er octobre dans le cadre d’un grand colloque sur les forêts et les changements climatiques  organisée par Coordination SUD et Fern. Cet événement, accueilli par le ministère de la transition écologique et solidaire, a réuni près de 100 personnes issues des ONG (françaises et internationales), d’établissement publics (AFD, Expertise France), d’entreprises et d’institutions publiques françaises et européennes.

Protéger les forêt, c’est protéger le climat

« Il existe une machine magique, peu couteuse qui absorbe le carbone en se construisant elle-même : un arbre ». C’est en commençant par ces mots que Greta Thunberg et l’écrivain George Monbiot ont adressé un message vidéo au monde entier quelques jours avant le récent sommet pour l’action climatique à l’ONU. Les forêts sont en effet cruciales pour faire face à la crise climatique mais les événements de l’été, notamment les incendies en Amazonie, ont confirmé qu’il fallait redoubler de vigilance pour les protéger. En raison de la déforestation massive dont elles font l’objet, les forêts contribuent donc également au réchauffement planétaire.

Le discours de la secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, a d’ailleurs introduit cette journée d’échange en évoquant le haut niveau de préoccupation des autorités françaises et européennes. Chantal Marijnissen de la Direction générale de la coopération internationale et du développement (DEVCO) de la Commission européenne s’est montrée optimiste quant à la prise en compte de ce sujet par la nouvelle mandature (qui prendra ses fonctions au 1er novembre).

Toutefois, les ONG ont tenu à montrer toute la prudence et les efforts nécessaires pour mobiliser les forêts dans un contexte de crise climatique et d’effondrement de la biodiversité. D’autant plus que 2020 sera une année cruciale : celle de la relève de l’ambition climatique des Etats signataires de l’Accord de Paris. Dans ce cadre, les CDN doivent indiquer des mesures contre toute nouvelle déforestation et favoriser les reforestations naturelles. Le dernier rapport spécial du GIEC sur l’utilisation des sols a d’ailleurs confirmé les inquiétudes de la communauté scientifique sur la gestion des forêts en zone tropicale. Mais la réponse politique apportée à l’occasion du sommet pour l’action climatique de l’ONU reste trop timide. Les Etats ne sont pas assez nombreux, notamment parmi les plus pollueurs, à revoir les objectifs de leur CDN à la hausse. D’autre part, les initiatives de protection des forêts, notamment défendues par la France, restent floues et il manque encore beaucoup de contributions au Fonds vert pour le climat, mécanisme de financement central pour accompagner les projets visant à atténuer le changement climatique et ceux pour s’y adapter.

>> Lire aussi : Forêts et climat : deux témoignages du Sud

 

Associer la société civile et les communautés locales

Pour assurer une contribution optimale des forêts, de nombreux enjeux doivent être pris en compte : préservation des conditions de vie des populations locales, protection de la biodiversité etc. L’approche se doit donc d’être globale et intégrée. La gestion de cette complexité nécessite une participation étroite de la société civile. Or dans les pays forestiers tropicaux, espace géographique sur lequel se sont focalisés les débats, la gouvernance forestière fait face à de nombreux défis.

ONG et communautés locales doivent être associées étroitement pour assurer d’une part une gestion forestière efficace et transparente et d’autre part une intégration réussie des forêts aux CDN.

Au plus près des réalités de terrain, elles apportent une expertise forte que ce soit en termes de prise en compte des enjeux de développement humain que de préservation des milieux naturels. Par ailleurs, elles disposent désormais de nombreux outils de vérification et de contrôle permettant un suivi fin de la gestion forestière au quotidien. Dans un secteur frappé par une corruption importante et des détournements des financements, le rôle de vigie et de lanceurs d’alertes de la société civile s’avère désormais incontournable.

Les recommandations issues du colloque feront l’objet d’un document qui sera proposé par Coordination SUD d’ici la fin de l’année.

 

>>A consulter : Retrouvez les vidéos des intervenant·e·s de la journée sur le site de Fern.