Les financements climat manquent de transparence

Il vise à rassembler et à présenter en détails les engagements pris par les pays riches sur les financements climat. Une initiative que les Nations unies doivent reprendre à leur compte.

Avec cette initiative, le gouvernement néerlandais va permettre une plus grande transparence des financements climat. Des promesses financières ont été faites à Copenhague, mais il n’est toujours pas possible d’évaluer si ces financements sont réellement nouveaux ou seulement un recyclage de l’aide au développement. De plus, il n’existe que peu de visibilité sur la destination de ces fonds, souligne Romain Benicchio, d’Oxfam France.

Un des principaux résultats du sommet de Copenhague a été la promesse collective des pays riches de fournir 30 milliards de dollars de nouveaux financements d’ici à 2012 pour aider les pays en développement à s’adapter aux changements climatiques et réduire leurs émissions. Mais très peu de détails ont depuis filtré sur ces contributions.

Pour Oxfam France, les engagements sur les financements climat doivent être fondés sur de solides principes de transparence et des règles claires de comptabilité. Les pays riches doivent en particulier préciser si leur contribution sera nouvelle et additionnelle aux objectifs d’augmentation de l’aide publique au développement (APD) établis il y a déjà plusieurs décennies, et s’il s’agira de dons ou de prêts. Selon l’organisation, les financements climat pour l’adaptation doivent être uniquement constitués de dons afin d’éviter l’accroissement de la dette des pays les plus pauvres de la planète pour des problèmes qu’ils n’ont pas causé.

L’initiative néerlandaise est donc un premier pas à saluer, même si des mesures volontaires de ce type ne permettront pas de s’assurer à 100% le suivi de leurs promesses. Oxfam France demande que la CCNUCC (la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques) soit chargée de rassembler et d’analyser ces contributions financières d’ici à la prochaine conférence sur le climat de Cancun selon des critères communs et équitables.

Seule une analyse transparente et exhaustive des financements climat selon des règles communes définies par l’ONU garantiront que les promesses pourtant limitées faites à Copenhague n’ont pas été oubliées et que les pays riches prennent au sérieux leurs engagements sur le changement climatique, ajoute Romain Benicchio.

La France a publié sur le site www.faststartfinance.org des chiffres globaux sur sa contribution aux financements climat. Si le gouvernement affirme financer des projets climat d’un montant de plus d’un milliard, peu de détails sont disponibles sur le caractère additionnel et nouveau de ces fonds, ainsi que sur la part respective des prêts et des dons dans ces financements.

Le plus grand flou règne actuellement sur les financements climat français. Sans informations claires, il est impossible d’évaluer si la France a bel et bien rempli les engagements pris à Copenhague. Surtout elle instille le doute sur la réalité des chiffres qu’elle avance et, au final, sur sa volonté de tenir ses promesses, conclut Romain Benicchio.

Communiqué envoyé dans le cadre d’une campagne lancée en septembre 2009 et réalisée avec l’aide financière de l’Union européenne. Le contenu de cette campagne relève de la seule responsabilité d’Oxfam France et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne. Note aux rédactions

  • Consulter le document ’Les financements ’climat’ après Copenhague’
  • Lire également le dernier rapport d’Oxfam, ’Les questions à 100 milliards

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