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Les effets de la PAC sur les paysanneries des pays du Sud

Une étude, à paraître cet été, réalisée par le Gret en lien avec ActionAid France – Peuples Solidaires, le CFSI, ISF-Agrista et Sol, pour la commission Agriculture et alimentation (C2A) pointe divers effets négatifs de la politique agricole commune (PAC) sur les paysans et paysannes du Sud.

Alors que les discussions en vue de l’élaboration de la nouvelle PAC pour la période 2021-2027 sont en cours, l’étude pointe trois phénomènes négatifs liés pour partie à cette politique. L’UE et la France s’étaient pourtant engagées à mettre en cohérence leurs politiques avec le développement : objectifs de développement durable (ODD) et droits humains.

D’une part, les exportations sur les marchés tiers de produits agricoles et alimentaires à bas prix – dont la production a bénéficié de subventions de la PAC – concurrencent les productions locales. Elles sont marquées par des pratiques de dumping (vente à prix inférieur aux coûts de production).

Les importations de soja en provenance de pays de l’Amérique latine et destinées à l’alimentation animale ont, elles aussi, un impact. L’expansion du modèle soja a des effets dramatiques en termes de déforestation, de dégradation et de contamination des écosystèmes, d’expulsion des populations paysannes et de santé.

De plus, les paysan·ne·s du Sud sont l’une des principales victimes des émissions considérables de gaz à effet de serre du modèle agricole et alimentaire européen.

La PAC n’est pas seule en cause, d’autres politiques européennes contribuent à ces phénomènes (politique commerciale, énergétique, etc.). Les conséquences sur les paysan·ne·s du Sud sont indirectes : ce sont en réalité des conséquences du système agricole et alimentaire européen.

Une PAC cohérente avec les ODD devrait donc mettre fin aux pratiques de dumping sur les marchés au Sud, diminuer progressivement puis supprimer les importations de soja et réduire drastiquement l’empreinte carbone du système agricole et alimentaire européen. Ceci impliquerait de substituer l’actuel mécanisme d’aides découplées par des subventions ciblées en fonction d’objectifs de transition écologique de l’agriculture. Des mécanismes de régulation des marchés agricoles sont nécessaires, par exemple, dans le cas du lait pour éviter la production d’excédents et la chute des prix. Un plaidoyer que Coordination SUD portera auprès des décideurs·euses politiques français et européens.

Par Pascal Erard (CFSI) et Laurent Levard (Gret) pour la commission Agriculture et Alimentation de Coordination SUD.

Cet article a été publiée dans le numéro 175 d’été 2019 de Nouvelles de SUD.

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16/10/2019

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16/10/2019|Les Notes de SUD #20

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