L’action des organisations de la société civile mise à mal

L’action des organisations de la société civile mise à mal

L’adoption en 2015 des objectifs du développement durable par les Nations unies préfigurait de nouveaux partenariats entre les États et nos organisations pour réduire la pauvreté à l’horizon 2030. Deux ans plus tard, la mise en oeuvre de ces engagements s’avère bien difficile. Alors que, comme le confirment les « paradise papers », des entreprises échappent à l’impôt grâce à des dispositions fiscales avantageuses ou le recours à des paradis fiscaux, bon nombre d’organisations de la société civile (OSC) voient leurs ressources diminuer, les États et les collectivités n’ayant plus de moyens de les soutenir. À ces difficultés économiques s’ajoutent des remises en cause politiques : répression contre des militants associatifs (ex. : Cambodge, Égypte, Zambie, Colombie) ; restriction voire arrêt de la coopération internationale suite à la révision des lois sur les associations de certains pays, même en Europe (ex. : Hongrie ou en Pologne) ; poursuites d’entreprises contre les ONG qui dénoncent les atteintes aux droits humains ; bombardements d’hôpitaux tenus à bout de force par des organisations humanitaires comme récemment en Syrie. La liste est longue. Elle illustre une crise de la démocratie.

En réduisant les actions de la société civile, certains dirigeants politiques nient la contribution de nos organisations à la création du lien social, à la mise en place d’activités créatrices d’emplois ou à la sensibilisation des populations pour relever les défis des changements climatiques.

Face à cette hostilité, ne soyons pas silencieux ! Restons vigilants et inventifs : la transition écologique, sociale et économique implique impérativement la participation des OSC, proches des populations et disposant d’une expertise construite au fil des années.

par Anne-Françoise Taisne (CFSI), administratrice de Coordination SUD
Illustration : Evelyne Caille-Guibert