La solidarité sur les territoires français vue par des professionnels du développement de 11 pays

La solidarité sur les territoires français vue par des professionnels du développement de 11 pays

Début mars 2019, 25 professionnels du développement en formation au CIEDEL, originaires de 11 pays, ont évalué l’Escale, un projet mis en place par le Centre Social et culturel des Combes (Chambéry, Région Auvergne Rhône-Alpes). Une aventure unique pour les professionnels en formation, et une évaluation d’une grande richesse pour le centre social.

Cette année, le stage d’évaluation s’intéressait au travail de l’Escale, un lieu convivial et un espace de participation, de rencontre et de solidarité animé par le Centre Social et culturel des Combes, dans le quartier du Haut-Chambéry. Les 22 étudiants de la formation d’Expert en Ingénierie du Développement Local du CIEDEL (en réalité des professionnels du développement en formation en France pour 9 mois), auxquels s’ajoutaient 3 participants en formation courte sur l’évaluation, ont eu 3 semaines pour évaluer le fonctionnement de l’Espace en interrogeant les acteurs du territoire et les usagers. Ils ont remis leurs recommandations à la fin du stage, le 19 mars.

Panneau produit pendant l’analyse des données de l’évaluation

Le stage collectif terrain, un vrai plus en formation

Le stage collectif du module « évaluation et mesure d’impact des actions de développement » est tous les ans un passage important de la formation. Il permet aux participants de mettre en pratique, sur le terrain et en situation réelle, une méthodologie d’évaluation appropriée, travaillée et préparée avec les formateurs du CIEDEL à Lyon. Ce faisant, ils s’approprient et expérimentent la méthodologie, après avoir pu la comparer avec d’autres approches d’évaluation. Ils sont aussi plus à même d’en mesurer les limites et les atouts – ce qui leur sera utile au moment d’envisager l’évaluation des projets qu’ils mènent ou qu’ils accompagnent.

Pour la structure qui reçoit le stage, les principaux bénéfices sont facilement indentifiables : une évaluation ne nécessitant pas un budget dédié, proposant un vrai regard extérieur et un travail rapide (l’ensemble de l’évaluation se fait sur le temps du module, soit 3 semaines). D’autres bénéfices plus inattendus peuvent s’y ajouter, comme l’ouverture interculturelle des acteurs du territoire qui rencontrent les évaluateurs, ou encore la possibilité de mettre un coup de projecteur sur l’action évaluée lors de la réunion de restitution de l’étude.

Une lieu de vie du Haut Chambéry

Interculturalité et découverte d’un territoire français

Le stage est aussi un moment important d’échange culturel pour les professionnels en formation, mais aussi les acteurs du territoire d’Auvergne Rhône-Alpes. Parmi les 25 professionnels, 17 travaillent à l’étranger (Afrique de l’Ouest ou Sub-saharienne, Haïti, Comores…). Ils ont pu découvrir les réalités d’un territoire urbain français dans une zone de montagne et échanger avec leurs collègues de promotion qui travaillent en France. Surtout, ils sont allés au contact des professionnels et citoyens du territoire dans le cadre de l’évaluation. Chaque année, cela permet d’apporter des points de vue décalés, offrant de nouvelles perspectives aux acteurs locaux.

Sur une touche plus légère, beaucoup d’entre eux ont découvert les joies de la neige, encore présente début mars.

Certains professionnels en formation ont découvert la neige à Chambéry

L’évaluation, un enjeu important pour les professionnels du développement et leurs organisations

La capacité de savoir évaluer, savoir faire évaluer ou savoir mettre en place les indicateurs d’évaluation d’un projet ou d’une politique publique de développement est devenue une compétence essentielle pour les professionnels du développement, qu’ils travaillent du côté des institutions publiques ou de la société civile. Les bailleurs demandent systématiquement de mettre en œuvre un suivi-évaluation des projets qu’ils financent ; et les organisations ont besoin d’évaluer les actions qu’elles mettent en place, en particulier lorsqu’il s’agit d’actions innovantes ou sortant du cadre habituel. Les organisations locales, parfois moins structurées, ont les mêmes impératifs.

Par ailleurs, les méthodes évoluent et s’hybrident, avec un intérêt montant pour l’impact des actions de développement (à quels changements contribue mon action) ou encore la capitalisation d’expériences (comment je suis parvenu à ces résultats). La formation du CIEDEL, donnée par des formateurs qui pratiquent eux-mêmes l’évaluation, est en ce sens un vrai atout pour les professionnels du développement et des territoires.

© Crédit photo : Jean-Aimé Mouloungui