Interpellation du président de Parlement européen sur la situation au Niger

Interpellation du président de Parlement européen sur la situation au Niger

En visite pour deux jours au Niger, le président du Parlement européen est actuellement interpellé par plusieurs organisations sur la situation critique de la société civile et les atteintes régulières à la liberté d’expression et plus largement aux droits humains qui sont commises dans ce pays.

 

 

Mobilisation face aux atteintes aux droits

Par une lettre adressée à Antonion Tajani, Coordination SUD, le FIP et le Repaoc ont fait part de leur vive inquiétude. En effet, de nombreux acteurs de la société civile nigérienne, des défenseurs des droits humains, des syndicalistes, des responsables associatifs, ont été arrêtés abusivement ces derniers temps et certains font actuellement l’objet de condamnations à des peines de prison. Ceci du simple fait de leur engagement auprès des citoyens nigériens et notamment des populations les plus vulnérables, à travers des actions en faveur des droits humains et du développement du pays.

Le FIP  est le  Forum international des plateformes nationales d’ONG (plus d’infos) et le REPAOC est le Réseau des plateformes d’ONG d’Afrique de l’Ouest et du Centre (site internet).

Plus largement, l’Etat nigérien applique de plus en plus des mesures répressives contre la liberté d’expression : ainsi des manifestations sont interdites comme ce fut le cas pour les manifestations des 25 mars et 15 avril 2018 concernant la Loi de finance 2018. D’autres sont réprimées violemment par les forces de l’ordre telle celle menée par les étudiants en avril 2017 suite à la suspension du versement des bourses d’étudiant et la définition de nouvelles limites d’âge pour des prestations sociales, ceci avec pour conséquence la mort d’un jeune et une centaine de blessés.

Le président du Parlement européen doit s’impliquer face à cette crise

Devant ces différents constats, les organisation demandent au président du Parlement européen, dans le cadre de son déplacement au Niger et des accords de coopération avec ce pays, de rappeler les valeurs de l’Union européenne en termes de défense des droits humains et notamment de la liberté d’expression.

Il est en effet nécessaire d’insister sur le fait que la stabilité et la paix au Sahel ne peuvent être atteintes que par la promotion du dialogue social et du dialogue civil ainsi que par l’investissement dans la démocratie. Pour cela, il est donc indispensable que les enjeux de défense et de promotion de la société civile du Niger soient abordés de manière prioritaire dans le dialogue avec le gouvernement nigérien avant ceux de sécurité, de migration et d’investissements, afin d’encourager un environnement plus favorable aux organisations de la société civile nigérienne.

Cet communication fait écho à d’autres initiatives des sociétés civiles européenne et ouest-africaine :