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Rapport annuel 2019 Agrisud International
10/07/2020

Agrisud sort son rapport annuel 2019

Pour tout savoir des activités d'Agrisud International en 2019, vous pouvez télécharger son rapport en ligne.

Bilan de sept projets Facilité alimentaire

En 2009, sept projets du Gret d’appui au développement agricole et aux filières et de lutte contre la malnutrition ont obtenu un financement du dispositif « Facilité alimentaire » de l’Union européenne, visant à répondre aux conséquences de la crise alimentaire. Le Gret a mené des projets, de 18 à 22 mois, au Cambodge, en Guinée, au Niger, au Mali, au Sénégal et en Tanzanie. La courte durée des projets les place entre l’urgence et le développement. Le Gret fait le bilan de ces activités clôturées en 2011.

 

  • Réduire l’insécurité alimentaire à travers le développement agricole

 

70% des populations pauvres vivent en milieu rural et dépendent de l’agriculture pour vivre. Au Cambodge, au Sénégal, en Guinée et en Tanzanie, les projets du Gret visaient à réduire l’insécurité alimentaire en augmentant la disponibilité des denrées pour assurer une alimentation saine et suffisante, et sécuriser les revenus des petits producteurs à travers une double approche développement agricole et filières.

 

Au Cambodge, le projet mené avec ADG, AVSF/ADA, et le CEDAC visait à améliorer la sécurité économique et sociale des petits agriculteurs familiaux, l’état nutritionnel des ménages ruraux ainsi que la disponibilité et la qualité de la nourriture (en particulier pour les jeunes enfants). 24 550 agriculteurs ont vu leurs revenus augmenter, 19 177 ont accru leur productivité ou mis en place une meilleure gestion agricole (augmentation des rendements de riz de 30 à 50%) et l’amélioration des mesures de santé a eu un impact direct sur 15 565 ruraux.

 

Au Sénégal, le projet de promotion des organisations et des filières locales (Profils) mené en partenarait avec Enda Graf, AVSF, JED et CPS, visait l’accroissement de la production de quatre régions agricoles : Fatick, Kaolack, Kaffrine et Kolda, et la commercialisation de produits céréaliers et animaux vers les zones déficitaires urbaines et rurales. Il s’agissait de renforcer les capacités de production des exploitations familiales par la mise à disposition d’intrants, de matériels et l’accès à la formation et au conseil. Le projet a également expérimenté le crédit warrantage et un système d’informations sur les prix. Cela a permis d’améliorer la disponibilité des produits alimentaires, l’accessibilité des prix et la qualité des aliments. 3 000 hectares ont été cultivés pour une production de 3500 tonnes de mil, maïs et niébé. 4000 ménages ont été appuyés au travers de 20 organisations paysannes et 17 entreprises de transformation du lait ont été renforcées, avec une augmentation de 20% de leur chiffre d’affaires. Enfin, 450 ménages ont démarré une activité apicole fortement rémunératrice.

 

En Guinée, deux projets ont été mis en œuvre. Le projet Resa Nord, porté par le CCFD-Terre Solidaire en partenariat avec le Gret et la Fédération des Paysans du Fouta Djallon, a permis d’augmenter les capacités de production et de mise en marché des cultures vivrières de 9 400 paysans producteurs des préfectures de Gaoual, Koundara et Mali en contribuant à l’accroissement du volume de production des denrées de base et en permettant aux organisations paysannes d’assurer le développement socio-économique de leurs localités. 15 560 paysans ont depuis accès aux terres cultivables, avec 1 700 hectares de plaines rizicoles labourées, ainsi qu’aux intrants agricoles en partie subventionnés, aux matériels et aux équipements avec la création de 11 magasins et 17 aménagements hydroagricoles. Le deuxième projet sur l’amélioration des capacités des organisations des filières riz et huile de palme, mené avec la MGE, en Haute Guinée et Guinée Forestière (Acorh) avait pour but d’accroître les revenus des producteurs et des acteurs des filières, et en améliorant la commercialisation des produits locaux de qualité dans les centres urbains. Un appui à la production et au stockage a été réalisé, ainsi qu’un soutien à la transformation, à la commercialisation et à la concertation entre acteurs, avec l’État et les collectivités territoriales. 235 organisations paysannes (4 800 foyers) ont été impliquées. L’intervention du Gret et de la MGE a permis d’accroître la production rizicole : 247 hectares de bas fonds ont été réhabilités, 36 tonnes de semence de qualité et de 77 tonnes d’engrais fournis et quatre magasins de stockage construits. Les capacités des transformateurs ont été renforcées grâce à la subvention de 200 kits d’étuvage améliorés, de 32 décortiqueuses, et des formations. On constate une amélioration de la structuration et concertation des opérateurs économiques des filières, par l’émergence des fédérations de riziers en Haute Guinée et Guinée Forestière et la mise en place d’accords interprofessionnels entre les différents opérateurs de la filière riz.

 

En Tanzanie enfin, le projet de développement des marchés de gros de productions vivrières dans les régions de Mbeya etRukwa, porté par Mviwata (fédération tanzanienne d’organisations paysannes)  et en partenariat avec le Gret  avait pour objectif de faciliter la commercialisation des produits agricoles locaux. Deux marchés de demi gros ont été construits – un pour le riz dans la région de Mbeya et un pour le poisson à Kasanga – et inaugurés par le vice-président tanzanien en 2012. Un autre a été rénové pour le maïs dans la région de Rukwa. Les marchés sont gérés par trois sociétés d’économie mixte autonomes associant les autorités locales et les organisations professionnelles. Afin de renforcer l’unité « appui aux marchés »de Mviwata, un système d’information sur les marchés, accessible par téléphonie mobile (Mamis), a été mis en place ainsi qu’un dispositif permanent l’audit interne.

 

  • Améliorer la situation nutritionnelle des jeunes enfants

 

La malnutrition est à la fois cause et conséquence de pauvreté et de sous-développement, car elle affecte les capacités physiques et d’apprentissage des enfants et leur aptitude future à participer au développement de leur pays. Au Mali, la malnutrition chronique touche 38% des enfants de moins de cinq ans. La malnutrition aigüe affecte 12,3% des moins de cinq ans au Niger. Deux projets de nutrition ont été mis en œuvre au Mali (Nutridev Mali) et au Niger (NutriNiger), tous deux pilotés par Afrique verte et en partenariat avec le Gret sur la composante nutrition Ces deux projets . avaient pour objectifs d’améliorer durablement l’alimentation des jeunes enfants grâce au renforcement de capacités des entreprises locales productrices d’aliments de complément au lait maternel de bonne qualité et accessibles au plus grand nombre.

 

Au Mali, la production et la qualité de la farine se sont améliorées, 147 nouveaux points de vente se sont ouverts. On constate un meilleur suivi des ventes et l’amélioration des techniques de promotion par une augmentation de 30 % des ventes. Au Niger, 60 000 personnes ont été sensibilisées aux bonnes pratiques alimentaires, d’hygiène et de soins. 139 agents de santé ainsi que 97 relais communautaires et 30 élus locaux de Tessaoua, Dogondoutchi et Niamey ont été formés. Enfin, 182 points de vente ont été ouverts. Les ventes de Misola au Niger ont progressé entre 2009 et 2010 de 12 tonnes à plus de 30 tonnes par an.

 

  • Pérennisation et déploiement des projets

 

Ces projets ont eu des impacts positifs sur la production, la transformation et la commercialisation ainsi que sur la malnutrition. Cependant, il est important que ces résultats soient durables, au-delà de la courte durée du dispositif Facilité alimentaire (moins de deux ans).

 

Pour cela, le projet au Cambodge favorise une capitalisation des meilleures pratiques, une harmonisation et un travail de réflexion entre les partenaires sur l’avenir possible du projet. Au Sénégal, le Gret souhaite étendre une partie des actions du projet Profils à plus large échelle afin de couvrir la plupart des exploitations en cas de crise et renforcer, avec Enda Graf, la collaboration avec des organisations paysannes (OP). Le Gret souhaite étendre les programmes NutriNiger (Niger) et Nutridev (Mali) à l’échelle territoriale. Un renforcement de la communication, notamment par les média, couplée à des activités d’éducation nutritionnelle, contribuerait à cet objectif au Mali. La recherche de financement pour la durabilité de ces deux projets est en cours. Il en est de même pour Resa Nord en Guinée, qui nécessite un financement supplémentaire pour consolider les acquis de la facilité alimentaire sur les trois années à venir. Le deuxième projet en Guinée –Acorh-a été construit comme la première phase d’une intervention structurante qui s’inscrirait dans la durée, et en complémentarité d’autres actions en cours (Projet Riz BG, PNAAFA-FIDA). Le Gret et la MGE ont obtenu une subvention de l’AFD / DPO pour la mise en œuvre d’une seconde phase de 3 ans qui a démarré en avril 2011 pour laquelle des cofinancements sont nécessaires.

 

En Tanzanie, les actions menées vont être prolongées à une échelle plus grande (ouverture d’un marché au centre du pays, dissémination du Mamis) ou approfondie. Le Gret va appuyer les PME locales afin qu’elles développent leur activité au sein des marchés de gros.

 

 

Pour plus d’informations sur les projets, consultez les fiches projets et les évaluations :

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