G7 : quelles opportunités pour la société civile ?

G7 : quelles opportunités pour la société civile ?

Kel Currah est président du groupe de travail mondial de la société civile pour le G7 dans lequel est investie Coordination SUD. Il est par ailleurs directeur de What World Strategies, une structure canadienne qui aide les ONG dans leur plaidoyer mondial pour influencer les décideurs. Kel Currah nous fait part de ses premières réflexions en amont de la première réunion du groupe qui aura lieu la semaine prochaine à Lyon et sur laquelle nous reviendrons.

En quoi le G7 est-il important ?

Le G7 est un temps fort de l’agenda mondial : une occasion de mettre en lumière les problèmes à l’ordre du jour, sous les caméras du monde entier. Outre les sommets officiels, les réunions des sherpas permettent de formuler des recommandations politiques et d’avancer de nouvelles initiatives qui ont des répercussions sur de nombreux problèmes défendus par la société civile.

 

Quelles ont été les retombées du sommet 2018 ?

Le G7 canadien a été un moment difficile. Les États se sont divisés sur nombre de sujets bien avant que le président des États-Unis retire son soutien au communiqué final. L’Accord de Paris et des initiatives pour l’environnement ont été de nouveau adoptés par le G6 (le G7 moins les États-Unis). De très bons engagements sur l’aide humanitaire ont été pris. Les États, avec un fort investissement de la Banque mondiale, ont accepté de s’engager à hauteur de 2,5 milliards d’euros sur les cinq prochaines années en faveur de l’éducation mondiale. Les débats sur le climat et l’environnement ont aussi bien progressé.

 

Que peut-on attendre de la présidence française du G7 2019 ?

Le président français a de grandes ambitions pour le G7. La France donnera le ton des prochains sommets. L’enjeu est de mesurer sa capacité à rallier les autres membres à son programme dans le long terme. La France souhaite ouvrir le G7 à d’autres pays, sans doute pour atténuer les fissures dans l’unité actuelle. Ainsi la Chine, l’Inde et des États africains pourraient participer de manière plus constante que lors des sommets précédents. Ce sommet devrait être davantage axé sur les réunions ministérielles sectorielles prévues durant l’année, pouvant être assimilées à de mini-sommets comme le G7 planète et le G7 social. On ne sait si la présidence française parviendra à faire signer des accords historiques sur le climat, la santé et l’éducation. Cela demandera un investissement certain en termes de volonté politique et d’influence. Le gouvernement table, au mieux, sur un sommet calme, sans événement majeur.