Etat de la crise politique au Nicaragua

Etat de la crise politique au Nicaragua

La situation au Nicaragua est très grave et l’association Habitat-Cité est inquiète et triste. Cependant, grâce à l´appui financier de la Fondation Abbé Pierre, l’Agence Française de Développement et la Fondation Danièle Raja Marcovici, Habitat-Cité continue à travailler avec ses partenaires locaux pour les habitants des bidonvilles, qui ont plus que jamais besoin de son soutien. C’est pourquoi l’ONG a tenu à publier son point de vue sur la crise que traverse le pays, alors même que la presse parle peu de ces événements.

Depuis le 18 avril, des manifestations se multiplient dans tout le pays malgré la répression très violente des forces de l’ordre, les heurts avec des groupes armés, le chaos et le climat de terreur qui se sont installés. Initialement, les manifestants protestaient contre la réforme du système des retraites mais aujourd’hui, une grande partie de la population exprime son opposition au président de la République, Daniel Ortega, réélu pour un troisième mandat consécutif en 2016, et à sa femme, la vice-présidente, Rosario Murillo.

Le bilan est très lourd. Le 28 mai, Amnesty International faisait état de 81 morts, 868 blessés et 438 personnes détenues. Le nombre de victimes a encore augmenté depuis et dépasse aujourd’hui la centaine.

La Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) présente au Nicaragua du 17 au 21 mai, a demandé à l’Etat nicaraguayen de cesser la répression, de mettre fin aux détentions arbitraires des manifestants, de prendre des mesures afin de protéger les civils et de procéder à des enquêtes au sujet des exactions commises pour que les coupables soient identifiés et sanctionnés. Habitat-Cité condamne fermement la violente répression exercée par les forces de l’ordre contre les manifestants et toutes les violences subies par la population.

A travers ses actions en France et à l’international, Habitat-Cité défend des valeurs de solidarité et de tolérance et œuvre pour l’accès aux droits des populations et notamment le droit d’exprimer ses idées, de protester pacifiquement et de participer à la vie politique. Convaincue de l’importance du recours au dialogue, du respect de la participation citoyenne, de la lutte contre les injustices et l’impunité, Habitat-Cité espère vivement que des discussions pacifiques permettront au Nicaragua de sortir de la crise sociale et politique actuelle et de reprendre le chemin de la démocratie.

Habitat-Cité travaille depuis 15 ans dans le département de Granada au Nicaragua avec des partenaires locaux et institutionnels dont des universités, des collectifs d’habitants et notamment des femmes dans les bidonvilles et les quartiers précaires. Habitat-Cité envoie un message de soutien aux partenaires locaux et habitant-es des quartiers où elle intervient – et leur assure qu’elle souhaite poursuivre son engagement à leurs côtés en faveur d’un monde plus juste et plus solidaire.