Dérèglements climatiques – Sujet brûlant du G7 de Biarritz ; la maison brûle vraiment et nous regardons toujours ailleurs !

Dérèglements climatiques – Sujet brûlant du G7 de Biarritz ; la maison brûle vraiment et nous regardons toujours ailleurs !

«  La maison brûle et nous regardons ailleurs ». Plus de 15 ans se sont écoulés depuis cette phrase prononcée par un de nos leaders et devenue, depuis, maxime ! And « so what » diraient les anglophones. Et oui, depuis, quoi ? A l’ouverture du G7 le 24 août, le président de la République, dans son allocution, a fait part de sa volonté d’avoir un G7 « utile ». Les problématiques  environnementales reviennent d’autant plus dans cette troisième journée du G7. Feu en Amazonie oblige, E. Macron décrète vouloir obtenir une mobilisation mondiale !

Qu’attendre de ce sommet ?

La session de travail du G7 sur le climat, la biodiversité et les océans de demain, 26 août, risque d’être un moment tendu. La Charte de Metz, décidée lors de la réunion ministérielle G7 « environnement » de mai dernier devrait être adoptée. Elle vise à lutter contre l’érosion de la biodiversité. En l’état, cette charte visant à une protection de la biodiversité n’est en rien contraignante. Aucun mécanisme de suivi n’est prévu à ce stade. Autant dire que ce texte ne suffit pas. Côté climat, peu de chance qu’il y ait des engagements réellement nouveaux et que soient notamment réaffirmés les engagements liés à l’opérationnalisation de l’Accord de Paris ; datant de quatre ans déjà ! Alors qu’il y a urgence.

L’Accord de Paris, ratifié par la quasi-totalité des pays Parties (168 en octobre 2017) à la CCNUCC (Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques entre 2015 et 2017) pose les bases indispensables à une gouvernance mondiale assurant la cohérence entre les engagements internationaux et les politiques publiques mises en œuvre aux échelles nationale et locale. La Charte de Metz, elle, s’articule autour de grands principes : 1/ accélérer les efforts pour lutter contre l’érosion de la biodiversité, 2/ encourager la participation d’autres acteurs et parties prenantes et 3/ appuyer l’élaboration et la mise en œuvre d’un cadre mondial de la biodiversité pour l’après 2020[1]. Et ce en rappelant que dans un peu plus d’un an se tiendra la COP 15 Biodiversité à Pékin.

[1]Source : Ministère de la Transition écologique et solidaire

2019 – Année charnière pour le G7

Face à l’urgence climatique, ce G7 doit permettre d’établir des engagements concrets, chiffrés et dotés de mécanismes de redevabilité, ceci d’autant plus que 2020 sera potentiellement une année politiquement difficile pour les questions climatiques et plus globalement environnementales, les Etats-Unis d’Amérique présidant le G7 et l’Arabie Saoudite le G20.

Des échéances qui se rapprochent

Pour Coordination SUD, les pays membres du G7 doivent s’engager à renforcer considérablement leurs objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et adopter un objectif de neutralité carbone avant 2050. Les associations l’ont clairement demandé aux leaders du G7 dans une série de recommandationsadressée par le C7. Aussi, les pays du G7, en tant que principaux pollueurs et contributeurs des pays occidentaux au dérèglement climatique, doivent agir, et ce bien au-delà des discours et promesses. lls doivent soutenir, en premier lieu, le principe d’une transition juste et inclusive en matière de politiques climatiques. Comment ? En agissant pour limiter le réchauffement global à 1,5°C. Ensuite, en s’engageant et en concrétisant une réelle augmentation des financements publics en faveur de la lutte contre les dérèglements climatiques. Cette augmentation pourrait, par exemple, se traduire  par un doublement des contributions financières au Fond vert pour le climat lancé dès 2011 !

Enfin, la France ne doit pas faire l’impasse sur la question des énergies fossiles. Les pays du G7 doivent adopter une feuille de route pour respecter les échéances et, pour ce faire, éliminer les subventions aux énergies fossiles d’ici à 2025. La lutte contre les changements climatiques est un combat mondial. Le G7 doit être exemplaire et ne doit pas se contenter de mettre en place des coalitions d’acteurs et d’actrices qui ne se dotent pas de mécanismes de redevabilité. Si tel n’était pas le cas, ces paroles se résumeraient à des effets d’annonce sans incidence sur le long terme. Agir pour le climat, c’est agir pour l’avenir et donc ne pas se contenter de « mesurettes » d’affichage. Rien ne serait pire pour répondre aux angoisses et attentes actuellement exprimées par nombre de citoyens dans le monde.