Crise alimentaire / réunion FAO : avancées positives mais le chemin sera long

Sans hésitation, le point positif à souligner est l’engagement des Etats et de la société civile dans ce processus. Par leur participation active et approfondie, ils ont su profiter de la relance du CSA, décidée l’année dernière ses 192 Etats membres, pour en faire l’organe de gouvernance mondiale sur la sécurité alimentaire.

Les sujets examinés, principalement l’accaparement des terres et la volatilité des prix agricoles, démontrent également la volonté des participants de travailler sur les causes profondes de la faim dans le monde. Bien entendu, on peut toujours regretter que les choses n’avancent pas plus vite. Dans le débat sur l’accaparement des terres, le silence du secteur privé prouve que beaucoup reste à faire pour réellement protéger les populations les plus vulnérables face aux investisseurs privés.

La confrontation des pays qui vendent et ceux qui achètent des terres a débouché sur la création d’un groupe de travail qui proposera des mesures concrètes lors du CSA de l’année prochaine. ‘Renforcer le droit foncier est un impératif que le CSA a reconnu. Mais devant le vide juridique qui existe dans de nombreux pays sur la question, et à la vitesse de l’accaparement des terres, des mesures urgentes et contraignantes n’auraient pas été du luxe pour les milliers de personnes toujours menacées d’expulsion de leurs terres’, regrette Carline Mainenti d’ Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières.

Signe de sa volonté de s’attaquer aux causes de la faim dans le monde, le CSA a également mandaté un groupe d’experts pour produire des recherches approfondies sur les causes et effets de la volatilité des prix et l’impact du changement climatique sur la sécurité alimentaire. Dans le cadre de la campagne ‘Privés de terre, privés d’avenir’, Oxfam France et AVSF proposent d’agir concrètement sur l’accaparement des terres en révisant les traités d’investissement qui aujourd’hui protègent les seuls intérêts des investisseurs, mais pas les droits des populations locales.

La réforme des traités d’investissements n’a malheureusement pas été abordé par le CSA, regrette Jean-Denis Crola d’Oxfam France. L’Union européenne, qui a joué un rôle moteur dans le CSA, doit dans les prochains mois montrer l’exemple en révisant ses traités afin de contraindre les investisseurs au respect des droits fondamentaux et du droit à l’alimentation.

Notes aux rédactions

  • Le Comité de la sécurité alimentaire, créé dans les années 1970, est un organe technique de la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation) dont les 192 pays membres se réunissent une fois par an. En 2009, suite aux crises alimentaires qui se sont succédées, les états se sont accordés pour réformer la gouvernance alimentaire mondiale et faire du CSA le forum politique de référence sur la sécurité alimentaire. Le CSA n’est donc pas un nouvel organe onusien mais un forum qui s’appuie sur l’ensemble des institutions existantes afin de renforcer leurs valeurs ajoutées spécifiques et mieux coordonner leurs actions.
  • Dossier de la campagne ‘Privés de terre, privés d’avenir’
  • Site de la campagne : www.privesdeterre.org

Contact

Magali Rubino
06 30 46 66 04
mrubino@oxfamfrance.org

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