Code de conduite des ONG actives dans le sauvetage en mer : des éclaircissements

Code de conduite des ONG actives dans le sauvetage en mer : des éclaircissements

CONCORD Italia la plateforme des ONG italiennes d’urgence et développement, avec AOI Cooperazione e Solidarieta Internazionale et LINK 2007 Cooperazione in Rete, a publié une déclaration sur le code de conduite pour les ONG menant des opérations de sauvetage en mer, proposé par le gouvernement italien. Tout en approuvant l’effort de coordination et d’organisation du ministère de l’Intérieur, les organisations précisent que le sauvetage a toujours été fait en total respect du droit de la mer et des conventions internationales, dénoncent le dénigrement des actions des ONG mené au niveau politique et médiatique, et pointent les éléments problématiques du code.

 

 

Certaines ONG n’ont pas accepté de signer le code de conduite soit parce qu’elles ne sont pas en accord avec l’approche générale, soit à cause de certains points qui sont jugés susceptibles de fausser l’identité des ONG humanitaires :

 

– Le Code évite d’affirmer clairement la priorité donnée au sauvetage en mer des personnes en danger, alors qu’il explicite la demande de contribuer activement, à bord, aux activités d’enquête et de police. Les principes fondamentaux qui exigent la distinction absolue entre la police (ou le militaire) et les activités humanitaires ne sont pas respectés.

 

– Les opérations militaires italiennes dans les eaux territoriales libyennes et l’insistance de confier aux forces de ce pays la responsabilité de sauvetage et protection des migrants, sans garantie que cela va effectivement se produire, confirment la nécessité pour les ONG d’être (et d’être perçues) indépendantes de ces opérations.

 

– La présence à bord d’officiers armés, contraire aux codes que la grande partie des ONG humanitaires ont adopté dans tous les pays où elles interviennent. Pour les ONG, l’absence d’armes est un signe d’impartialité, de neutralité et est également une garantie de sécurité.

 

– L’interdiction de transférer les personnes secourues d’un plus petit navire à un autre plus grand et mieux équipé pour le sauvetage et les soins médicaux, limite le sauvetage. Le code de conduite, tout en admettant des exceptions, nuit à la collaboration entre les navires, mettant la vie des personnes réellement en danger.

 

Les opérations de sauvetage, bien avant l’existence de ce code, ont été réalisées dans le strict respect des lois italienne et internationale et sous la supervision de l’institution responsable, le commandement de la Garde côtière. L’absence de cohérence du code avec l’ensemble de dispositions et normes de fonctionnement en vigueur en Italie et dans l’Union européenne en matière d’aide humanitaire, pose question. Un dialogue plus approfondi entre les autorités italiennes et les ONG aurait certainement favorisé la recherche d’un code réellement partagé qui respecte les principes humanitaires.