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Sherley Olivier est la coordinatrice du conseil d’administration de la section communale (Casec) de Turgeau, section la plus peuplée de Port-au-Prince avec 500 000 habitants. Depuis 2017, le Gret mène en lien avec le Casec le projet Pascal-DT, un projet d’appui à la société civile et à l’autorité locale pour le développement de la commune. En amont des aménagements réalisés dans les quartiers, un important travail de planification territoriale participative a été réalisé et a donné naissance au Plan de développement de la section communale de Turgeau.

Le Gret donne aujourd’hui la parole à la représentante de l’autorité locale pour comprendre les apports de cet outil dans son travail quotidien.

 

Pourquoi avoir adopté une démarche participative lors de l’élaboration du Plan de développement de la section communale (PDSC) ?

 Le PDSC a été conçu de manière participative, c’est-à-dire que tous les acteurs du territoire ont été impliqués dans son élaboration. C’est ainsi que les notables, représentant·e·s des organisations de la société civile, autorités locales et représentant·e·s des institutions étatiques se sont réuni·e·s pour échanger sur les forces et faiblesses de leur territoire et discuter des enjeux de la section communale. Cette implication des habitant·e·s est très importante car elle permet de mieux recenser l’existant, mais aussi d’identifier les problèmes auxquels la communauté fait face quotidiennement et les priorités en termes de développement et d’aménagement du territoire. De plus, les différents acteurs du territoire impliqués dans ce travail ont eu le sentiment de participer à l’amélioration des conditions de vie de la population et se sentent valorisés.

Néanmoins, la plupart des participant·e·s ont principalement mis l’accent sur les besoins en termes d’infrastructures (escaliers, voies d’accès, espaces publics, réservoirs d’eau), alors que la section communale est confrontée à d’importantes problématiques environnementales telles que le déboisement, les risques de glissements de terrain ou d’inondation dans les ravines, l’absence de gestion des déchets, etc. Cet enjeu est une priorité évidente mais la population est peu sensibilisée aux questions environnementales, ce qui est problématique. En effet, la section communale, déjà fortement urbanisée, continue de subir une pression urbaine importante qui s’exerce en direction des hauteurs du Morne l’Hôpital, entraînant le déboisement progressif de ce massif montagneux, pourtant « sous protection », et aggravant les vulnérabilités du territoire. Mais les acteurs ne sont pas conscients de ces problèmes et ne les ont pas mis en avant lors du travail participatif autour du PDSC. N’est-ce pas là la limite de l’approche participative ?

 

En quoi ce plan a-t-il modifié votre façon de travailler ?

 Avant de devenir coordinatrice de la Casec, j’étais déjà une leader communautaire et je menais des actions locales, mais sans cadre d’intervention précis et avec moins de précautions. Maintenant, grâce au projet Pascal-DT, j’ai acquis une vision d’ensemble sur le territoire et j’ai le privilège d’avoir un plan qui me permet d’orienter les actions dans la section ; c’est une feuille de route à suivre. Aussi, quand une institution souhaite intervenir dans la zone, ce plan me donne la capacité de discuter de manière rationnelle avec des données à l’appui. Ce plan me donne une certaine assurance dans ma fonction, il nous protège par rapport à d’autres instances qui souhaiteraient agir sans réflexion préalable.  Grâce au PDSC, je suis en mesure de dire ce qu’il est possible de faire et ce qui ne l’est pas. Le plan a beaucoup changé ma façon de fonctionner comme leader et le fonctionnement du conseil d’administration de la section comme institution. Enfin, il faut dire que le plan est considéré comme un outil de travail et de bataille indispensable pour le développement de la section.

 

Comment comptez-vous mettre en œuvre ce plan ?

Le plan de développement de la section communale est d’ores et déjà utilisé dans le cadre du projet Pascal-DT, notamment dans la mise en œuvre des actions à court terme portées par les associations de la communauté via le fonds d’appui. En effet, chaque projet d’aménagement proposé par les organisations de la société civile (OSC) a été analysé par le Casec au regard des priorités du PDSC. Puis les projets ont été soumis à un comité de sélection qui valide les propositions selon les lignes directrices d’un appel à projet, qui découle lui-même du PDSC.

Pour continuer à mettre en œuvre le PDSC à l’issue du projet Pascal-DT, nous comptons sur un appui de la part du ministère de l’Intérieur qui est notre ministère de tutelle, mais aussi sur le Gret, que ce soit dans l’accompagnement du Casec pour la mise en œuvre du PDSC, la réalisation des aménagements à court terme par les OSC, ou dans la recherche de financements pour mettre en œuvre des actions à long terme.

 

En savoir plus sur le projet Pascal-DT

En savoir plus sur les activités du Gret en Haïti

 

Le projet Pascal DT est mis en œuvre grâce au soutien financier de l’Union européenne (UE) et de l’Agence française de développement (AFD). Le contenu de cet article relève de la seule responsabilité du Gret et ne reflète pas nécessairement les opinions de l’UE et de l’AFD.

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