Le cadre financier multi-annuel de l’UE, qui devrait entrer en vigueur en 2014, est en cours de discussion.
Aujourd’hui, l’UE est le plus grand bailleur d’aide humanitaire au monde. À travers la Direction générale pour l’aide humanitaire et la protection civile – DG ECHO, la communauté européenne fournit à elle seule l’équivalent de 30 à 40% de l’aide humanitaire européenne. En 2011, 71% du budget de la DG ECHO (1) doivent être alloués aux zones extrêmement vulnérables, « crises oubliées », souvent loin des projecteurs médiatiques et politiques.
Des pressions seraient exercées pour que le budget de l’aide humanitaire – géré par la DG ECHO – fusionne avec celui de la « gestion des crises » de l’UE.
Le traité de Lisbonne entré en vigueur en 2009, stipule clairement que l’aide humanitaire doit être une politique à part entière de l’UE, et non pas un outil de gestion de crise. Pourtant, suite à la création du Service européen d’action extérieure (SEAE) en 2010, les impératifs d’impartialité et d’efficacité de l’aide humanitaire de l’UE se trouvent remis en cause. Des États membres poussent pour que « l’approche intégrée » associant aide humanitaire, protection civile et soutien par les militaires, prévale dans la gestion des crises. Le risque est fort que cette volonté d’améliorer « la visibilité humanitaire » de l’action extérieure de l’UE vise avant tout des fins politiques et stratégiques.
Les positions que Coordination SUD veut porter:
- Parce que le fait de diluer la spécificité budgétaire de l’Action Humanitaire dans ce budget plus général mettrait à mal l’indépendance de l’action humanitaire et entraînerait un fort risque de politisation de celle menée par l’UE, il est nécessaire de conserver une ligne budgétaire séparée pour l’aide humanitaire, afin de préserver l’indépendance et l’impartialité de celle-ci.
- Parce que la DG ECHO permet à la CE de mener une véritable politique d’aide humanitaire, qu’elle souhaite s’engager davantage sur la réduction des risques de catastrophes naturelles et que le nombre de catastrophes naturelles et de personnes sinistrées est en constante augmentation, le montant de la ligne budgétaire de l’action humanitaire doit être augmenté de façon significative.
Pour plus de détails, voir la note de positionnement de Coordination SUD sur ce sujet.
