Sommet de Busan

Le 4ème Forum de Haut Niveau sur l’efficacité de l’aide s’est tenu à Busan (Corée du Sud), du 29 novembre au 1er décembre 2011.
Il a permis aux acteurs de la solidarité internationale, d’évaluer les progrès réalisés depuis la Déclaration de Paris et de s’engager vers un partenariat entre des États et des sociétés civiles, dans le cadre d’une mondialisation régulée dans le respect des traités internationaux sur les droits humains.

Quelque 2 000 délégués, venus des quatre coins de la planète et mandatés par des pays en développement et des pays donateurs (représentants gouvernementaux, des parlementaires, des représentants d’organisations de la société civile et du secteur privé), ont examiné les progrès accomplis dans le monde pour améliorer l’impact et le rapport coût-performance de l’aide au développement.

Les années 2000 ont été marquées, à l’échelle internationale, par un regain d’intérêt pour l’aide publique au développement (APD), avec une mobilisation accrue pour son financement, après une décennie marquée par la « fatigue de l’aide ». Dans le sillage de l’adoption des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) en 2000, les pays donateurs ont réitéré l’engagement, vieux de 33 ans, de consacrer 0,7% de leur revenu national brut (RNB) à l’APD, en 2002, lors de la conférence de Monterrey.

Parallèlement, les réflexions visant à améliorer l’efficacité de l’aide, qui avaient accompagné l’effondrement de l’aide dans les années quatre-vingt dix, se sont poursuivies et développées. Dans ce sens, les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux ont adopté une série de grands principes, à travers la Déclaration de Rome, en 2003, confirmés et renforcés avec l’adoption de la Déclaration de Paris, en 2005. Elle a donné une place accrue aux notions de partenariat et de contractualisation qui influent en principe sur les modalités de coopération. Elle s’est focalisée sur l’efficacité de l’aide octroyée par les bailleurs.

La société civile et l’efficacité de l’aide

Les ONG, plates-formes nationales d’ONG et organisations de la société civile (OSC) de manière générale se mobilisent depuis plusieurs années sur ce processus de réforme internationale du dispositif d’aide au développement, et mènent des réflexions à la fois sur l’efficacité de l’aide et la Déclaration de Paris, et sur le rôle et la place de la société civile dans l’amélioration de cette efficacité.

Ainsi, dès 2005, Coordination SUD a développé une analyse critique de l’approche de l’efficacité de l’aide telle que promue par la Déclaration de Paris en produisant, notamment, un document de position sur la réforme de l’aide à l’occasion du deuxième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide de Paris. En 2008, elle a également publié un premier bilan de la mise en œuvre de la réforme de l’aide dans les pays en développement.

Au niveau international, les organisations de la société civile se sont structurées au sein de la plateforme BetterAid afin de suivre les engagements pris par les bailleurs et de coordonner leur participation au processus d’efficacité de l’aide.

Par ailleurs, considérant que les critères de la Déclaration de Paris ne pouvaient s’appliquer à elles, les OSC ont proposé de conduire un processus international autonome, le « Forum Ouvert sur l’efficacité de la contribution des OSC au développement », afin de capitaliser, de définir et de promouvoir les principes devant régir leurs actions, ainsi que les critères de l’efficacité de leur contribution au développement.
Le 4ème Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide de Busan est le point de rencontre des réflexions sur l’aide des bailleurs, traditionnels et émergents, et sur l’efficacité de la contribution des OSC au développement.