APD

Crédits : Kmograf

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Les populations du Sud, en particulier les communautés les plus pauvres, sont les premières victimes de la crise internationale. Pénurie alimentaire, perte de vitesse dans le commerce mondial, réduction des aides extérieures…Leur état de dénuement vient rappeler à la communauté internationale que les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) ne pourront être atteints en 2015. La famine, la mortalité infantile et la misère des paysans agricoles sont toujours une réalité pour l’Afrique subsaharienne.

Dans ce contexte, on comprend l’importance de l’aide publique au développement (APD). Elle permet de financer les projets de terrain des ONGs, d’appuyer les politiques publiques des pays partenaires et de créer un environnement favorable à une « croissance inclusive ». En France, l’Agence Française de Développement (AFD) est devenue l’opérateur pivot de cette stratégie : elle accompagne les États du Sud à travers différents mécanismes de financement et met en œuvre 80% de l’aide bilatérale programmable.
Cependant, alors que notre pays s’est engagé à consacrer 0,7% de sa richesse nationale à l’APD d’ici 2015, il n’y  dédie en 2012 que 0,46% du PNB.

La difficulté à atteindre les objectifs fixés a été accrue par la crise : la solidarité internationale est aujourd’hui la première sacrifiée sur l’autel de l’austérité. La pression des dettes publiques a réduit les marges de manœuvre budgétaires des pays donneurs, qui ont tendance à diminuer leur APD.
Avec des ressources limitées, le concept d’« efficacité de l’aide », réaffirmé lors du sommet mondial de Busan en 2011, revêt une importance majeure. Quatre axes de partenariat avec les pays en développement ont été définis comme prioritaires : la réduction de la fragmentation des efforts entre les donneurs, l’appropriation de l’aide par les États bénéficiaires, la gestion axée sur les résultats et la promotion de la transparence.

Afin de garantir la réalisation de ces engagements internationaux,  une évaluation de la politique d’APD est indispensable. La « Commission APD » de Coordination SUD et son homologue « AidWatch » de CONCORD assurent ce suivi, respectivement au niveau français et européen. Ces deux observatoires de l’aide soulignent l’insuffisance des fonds alloués à l’APD et proposent des solutions pour renforcer la pertinence des stratégies de développement (rééquilibrage prêts-dons, « dépolitisation » de l’aide, ciblage en priorité des pays les plus pauvres d’Afrique subsaharienne…).

Cependant, face à l’ampleur des enjeux, l’APD seule ne saurait couvrir l’ensemble des besoins. C’est pourquoi de nouvelles sources de financement du développement sont à l’étude. L’idée d’une fiscalité internationale au service de la solidarité fait son chemin : les défis globaux appellent une solution globale. Un premier pas dans ce sens a été franchi avec l’instauration d’une taxe sur les transactions financières (TTF), en janvier 2013, au niveau européen.