ONG et efficacité de l’aide

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Un processus de consultation lancé par l’OCDE

Dans le cadre de la préparation du troisième Forum à haut niveau sur l’efficacité de l’aide (Accra, Ghana, 2-4 septembre 2008), le groupe de travail sur l’efficacité de l’aide du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE a mis en place, en janvier 2007, un Groupe consultatif sur la société civile et l’efficacité de l’aide afin de coordonner un dialogue permanent entre la société civile, les bailleurs de fonds et les gouvernements de pays en développement, dans la perspective de l’évaluation de la Déclaration de Paris.

Ce groupe a pour mandat de mener une consultation des organisations de la société civile, sur tous les continents, sur l’efficacité de l’aide et préparer des propositions sur les OSC et l’efficacité de l’aide pour discussion lors du Forum d’Accra. Ce groupe consultatif pourra être maintenu au-delà d’Accra. Il est composé de trois représentants de pays donateurs (France, Canada, Suède), de trois représentants de gouvernements du Sud (Zambie Nicaragua, Rwanda) et de trois représentants d’ONG du Nord (CCCI, ActionAid, CONCORD), de trois représentants d’ONG du Sud (Afrodad, IBON/Reality of Aid, Thirld World Network / Afrique) et de deux réseaux internationaux de promotion des droits des femmes (AWID et WIDE).

Le processus mis en œuvre par le groupe consultatif répond à trois objectifs :

  • Une meilleure compréhension et une reconnaissance accrue des rôles que jouent les organisations de la société civile (OSC) en tant qu’acteurs du développement et en tant que parties prenantes de l’architecture internationale de l’aide, et une participation des OSC aux discussions générales sur l’efficacité de l’aide (reconnaissance et voix au chapitre)
  • Une meilleure compréhension de l’applicabilité et des limites de la Déclaration de Paris lorsqu’il s’agit d’aborder les questions d’efficacité de l’aide qui priment aux yeux des OSC, en identifiant les moyens grâce auxquels ces dernières seraient en mesure de mieux contribuer à l’efficacité de l’aide (application et enrichissement du programme international d’efficacité de l’aide)
  • Une meilleure compréhension des bonnes pratiques d’efficacité de l’aide en ce qui touche à la société civile, par les OSC elles-mêmes, par les donateurs et par les gouvernements des pays en développement (leçons retenues en matière de bonnes pratiques).

Entre août et novembre 2007, le groupe consultatif a mené des consultations multipartites régionales pour clarifier ces trois enjeux :

  1. le rôle des OSC en tant qu’acteurs du développement et comme éléments de l’architecture internationale de l’aide ;
  2. l’applicabilité et les limites de la Déclaration de Paris pour contribuer à l’efficacité de l’aide des OSC, y compris leur apport à l’efficacité de l’aide ; et
  3. les bonnes pratiques des OSC, des bailleurs de fonds et des gouvernements de pays en développement en ce qui concerne la société civile et l’efficacité de l’aide. Les conclusions de ces consultations ont été débattues à Ottawa en février 2008, lors un forum international multi-acteurs sur la société civile et l’efficacité de l’aide qui constitué un jalon du processus menant à Accra.

Les ONG lancent leur processus autonome de réflexion sur l’efficacité de leur contribution au développement
L’une des principales conclusions de ces consultations est que les OSC considèrent que les critères de la Déclaration de Paris ne peuvent s’appliquer directement à elles. Elles proposent donc un processus autonome dont le but est d’établir des principes et des outils pour structurer et promouvoir l’efficacité des OSC en tant qu’acteurs du développement. Ce processus, mené dans sa première phase par CONCORD, dans le cadre d’un groupe de facilitation provisoire dont Coordination SUD faisait partie, a débouché sur l’organisation, fin juin 2008, d’une réunion exploratoire qui a rassemblé près d’une soixantaine de représentants d’ONG du Nord et du Sud. Au cours de cette réunion, les participants ont validé la mise en œuvre d’un tel processus, qui sera conduit par un groupe de facilitation global réunissant 25 représentants de plates-formes nationales d’ONG et de réseaux du Nord et du Sud. Ce processus, conduit sur deux ans et demi (2008-2010), vise à définir les principes qui régissent les actions des OSC et les critères de l’efficacité de leur contribution au développement. Le principal objectif de cette proposition est de créer un processus qui soit défini, mené et géré par les OSC pour qu’elles puissent d’ici à décembre 2010, adopter leurs propres principes « d’efficacité du développement » ainsi que des orientations pour leur mise en œuvre.

Pour une aide au service des processus nationaux de développement et de démocratisation : déclaration des plates-formes nationales d’ONG
Dans le cadre des réflexions sur les OSC et l’efficacité de l’aide, Coordination SUD et ses partenaires ont adopté une déclaration conjointe des plates-formes d’ONG sur l’efficacité de l’aide. Cette déclaration identifie les conditions nécessaires pour que l’aide publique au développement contribue efficacement aux processus de développement et de démocratisation des pays récipiendaires de l’aide. Elles demandent une réelle reconnaissance des plates-formes d’ONG et de leur rôle dans l’efficacité de l’aide et l’appui au renforcement de leurs capacités pour améliorer leur contribution. Elles rappellent que, pour être efficace, l’agenda de l’aide doit avant tout être transparent, inclusif et démocratique. Enfin, elles demandent que des amendements soient apportés dès maintenant à la Déclaration de Paris afin que l’aide contribue à une réelle maîtrise des politiques de développement par les pays eux-mêmes.