Agenda for change

Agenda for change

Depuis deux ans, un certain nombre d’évolutions institutionnelles et politiques sont en cours au sein de l’Union européenne et concernent les politiques de développement et d’aide humanitaire de l’Union.

Suite à l’adoption du Traité de Lisbonne, qui renforce les engagements et compétences de l’UE en matière de développement et d’action extérieure, un service européen d’action extérieure (SEAE) a été mis en place. Les compétences sur le développement sont maintenant partagées entre le SEAE et la Commission européenne (nouvelle Direction générale DEVCO), ce qui pose certains problèmes en termes de répartition des tâches et de coordination, comme le pointe l’évaluation de l’aide au développement de l’UE par les pairs des membres du CAD de l’OCDE, publiée en 2012. Se pose également la question du risque d’une marginalisation du développement au sein du SEAE ou d’une subordination de la politique de développement aux intérêts de politique étrangère et de sécurité à cour terme. CONCORD et Coordination SUD avaient alerté sur ces potentiels dysfonctionnement et risques au moment de la création de ce service (voir les documents de CONCORD).

Parallèlement à ces changements institutionnels, l’UE a entrepris une révision de sa politique de développement, en réponse à l’évolution du contexte international et dans le cadre du prochain budget 2014-2020 de l’UE. Ce chantier de réflexion a commencé en 2010, sous l’impulsion du Commissaire au développement Andris Piebalgs,  avec la publication d’un Livre vert “en faveur de la croissance inclusive et du développement durable” qui a servi de base à une consultation publique à laquelle Coordination SUD avait d’ailleurs répondu. Cette consultation a abouti sur la publication d’une Communication en octobre 2011, intitulée “Agenda for change” ou, en français, « Un programme pour le changement ».   Le 14 mai dernier, les États membres de l’UE réunis au sein du Conseil des affaires étrangères, ont entériné ces nouvelles orientations politiques proposées par la Commission en adoptant des Conclusions.

« L’Agenda for change” est censé donner une nouvelle orientation à la politique de développement, sans remplacer les textes politiques précédents. Cependant,  la tentation de faire table rase de l’héritage du cadre politique pour le développement, comme le Consensus européen pour le développement, est bien présente selon les ONG. Pour Coordination SUD, si ces nouvelles orientations comportent des points positifs certaines « innovations » et tendances méritent une vigilance particulière.