Financement du développement

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L’aide publique au développement (APD), principale source de financement de la solidarité internationale, ne peut à elle seule répondre aux défis mondiaux actuels. Dans un contexte de crise budgétaire, les bailleurs de fonds sont à la recherche de nouvelles ressources pour faire face à la pauvreté, aux inégalités et au changement climatique.

Dans ce cadre, les « financements innovants », stables et prévisibles, apparaissent comme une solution prometteuse pour compléter les efforts de l’APD. Le « Groupe Pilote sur les financements innovants pour le développement », réunissant 59 pays et les grandes organisations internationales, travaille sur cette question. Inspiré par l’idée d’une « taxe robin des bois », son ambition est d’initier une fiscalité internationale, éthique et environnementale, au service de la solidarité. Il s’agit donc de « changer d’échelle » pour apporter une réponse globale à des problèmes globaux. L’ONU estime par exemple que la mise en place d’une taxe carbone mondiale, outre son effet positif pour l’environnement, dégagerait annuellement 450 milliards de dollars pour les populations vulnérables.

Cette conception innovante du développement est techniquement réalisable : elle a déjà plusieurs succès à son actif.
La « facilité internationale pour la vaccination » a ainsi contribué à soigner plus de 100 millions d’enfants par an.
La taxe sur les transactions financières (TTF), instaurée en janvier 2013 par 11 États membres de l’UE, permet quant à elle de lutter contre la spéculation et de financer la réduction de la pauvreté. Coordination SUD reste cependant mobilisée sur la TFF afin qu’elle ne soit pas allouée au désendettement des pays industrialisés, mais bien à réalisation des objectifs du millénaire.

Une autre piste actuellement explorée pour financer le développement est l’appui au secteur privé. L’OCDE, les institutions financières internationales, l’UE et les agences d’aides orientent de plus en plus leurs fonds vers les entreprises, censées apporter croissance et emplois dans les pays du Sud. Cette stratégie est cependant sous le feu des critiques. Opaques, volatiles et guidés par le profit, les investissements marchands laissent souvent les populations les plus pauvres en marge du développement.