Financement du développement

Financement du développement Crédits : Kmograf

Pourquoi ?

Les récentes crises malienne, syrienne et centrafricaine, comme les catastrophes naturelles de plus en plus meurtrières auxquelles nous assistons, nous rappellent que les populations du Sud, en particulier les plus pauvres, sont les premières victimes des déséquilibres mondiaux.

Ces crises, réelles et visibles, s’accompagnent dans le monde actuel d’une violence plus discrète, une violence structurelle d’inégalités sociales et économiques croissantes.

Laisser se creuser la fracture sociale renforce une mondialisation créatrice de pauvreté et d’inégalités pour l’ensemble des pays. La solidarité internationale, exprimée par des politiques justes et cohérentes, contribue à combattre durablement ces problématiques.

Dans ce contexte, on comprend l’importance de l’aide publique au développement (APD). Elle permet de financer les projets de terrain des ONG, d’appuyer les politiques publiques des pays partenaires et de créer un environnement favorable à une « croissance inclusive ».

Qui ?

En France, l’Agence française de développement (AFD) est devenue l’opérateur pivot de cette stratégie : elle accompagne les États du Sud à travers différents mécanismes de financement et met en œuvre 80% de l’aide bilatérale programmable.

Combien ?

La France a consacré 0,4 % de son revenu national brut (RNB) à l’APD en 2013, contre 0,45% en 2012 et 0,46% en 2011.

La solidarité internationale est aujourd’hui la première sacrifiée sur l’autel de l’austérité malgré les engagements internationaux de la France.

La contraction de l’aide publique au développement n’est pas une fatalité : le Royaume Uni, pourtant dans une situation économique similaire à celle de la France, a atteint l’objectif des 0,7% suite à une augmentation de son APD de 27,8% en 2013.

La Commission APD et financement du développement

La « Commission APD et Financement du développement » de Coordination SUD et son homologue « AidWatch » de CONCORD assurent le suivi et l’évaluation des engagements, respectivement au niveau français et européen. Ces deux observatoires de l’aide soulignent l’insuffisance des fonds alloués à l’APD et proposent des solutions pour renforcer la pertinence des stratégies de développement : rééquilibrage prêts-dons, « dépolitisation » de l’aide, ciblage en priorité des pays les plus pauvres d’Afrique subsaharienne…

Face à l’ampleur des enjeux, l’APD ne peut à elle seule répondre aux défis mondiaux actuels de lutte contre la pauvreté, aux inégalités et au changement climatique.

Dans ce cadre, les « financements innovants », stables et prévisibles, apparaissent comme une solution prometteuse pour compléter les efforts de l’APD.

·