Deauville, le vendredi 27 mai. La présidence française du G8 à Deauville s’est terminée sur l’ouverture d’un nouveau partenariat avec les pays arabes et d’un partenariat renouvelé avec l’Afrique subsaharienne. Les organisations membres de l’Action mondiale contre la pauvreté (AMCP) et de Coordination SUD demandent que la concertation annoncée avec les sociétés civiles des pays concernés soit réellement mise en œuvre.
« Nouveau monde, nouvelles idées » affirme dans son slogan la présidence française des sommets. Malgré quelques avancées, les organisations de la société civile présentes n’ont pas vu tant de nouveauté. Les pays du G8 sont-ils capables de renouveler également leur doctrine économique et leur vision de la gouvernance ? Les déclarations multiplient les professions de foi dans une vision libérale classique du développement en dépit des nombreuses crises actuelles et de leurs impacts dans les pays en développement, et les mandats inconditionnels redonnés à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), au FMI et à la Banque mondiale…
« La France sera désormais au côté des peuples arabes et africains qui veulent se libérer de leurs chaînes… C’est un tournant » a déclaré le président Sarkozy dans sa conférence de presse du jeudi 26 mai. En ce sens, les organisations de la société civile affirment, elles, que le soutien de la démocratie et la construction d’États de droit sur l’ensemble du continent africain ne peut être un effet de langage et passe par :
1. la consultation et l’échange réels avec les organisations des sociétés civiles et les nouvelles structures issues des révolutions. Celles-ci portent aujourd’hui des visions nouvelles pour le développement de leurs pays et l’instauration de réelles démocraties. « Il est écrit dans la déclaration finale que le G8 s’engage à impliquer la société civile dans le nouvellement nommé « partenariat de Deauville », mais nous n’avons même pas été consultés en préparation au sommet » s’étonne Tarek Benhiba, de la Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR) et Ragia Omran, de la New Woman Foundation (Egypte) qui rappelle que la répression continue dans son pays.
2. des investissements socialement et environnementalement responsables, au bénéfice des communautés et qui leur permettent de sortir de la pauvreté et d’affronter les défis climatiques des années à venir. La déclaration multiplie les références à la croissance verte sans évoquer la nécessité de mécanismes contraignants pour tenir les entreprises responsables.
3. la mobilisation des ressources domestiques. « La déclaration évoque cet enjeu sans s’engager à adopter des normes contraignantes » souligne Firmin Adjahossou, du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM). L’évasion fiscale des multinationales des pays membres du G8 prive pourtant les pays du Sud de ressources indispensables à leur développement. Par ailleurs, l’accaparement des terres par des entreprises et des gouvernements étrangers doit cesser.
4. l’appui aux droits économiques et sociaux, notamment l’accès à la santé, à l’alimentation et à l’éducation, afin que cesse l’accroissement des inégalités.
« Il est temps que les chefs d’État du G8 tiennent parole et mettent en cohérence leurs objectifs déclarés de démocratie et de liberté et les politiques qu’ils promeuvent » concluent les organisations membres de l’Action mondiale contre la pauvreté (AMCP) et de Coordination SUD.
Voir le document de position Coordination SUD – AMCP pour la présidence françaisedes G8 et G20 : http://coordinationsud.org/G8-G20-Dans-un-monde-en-crise
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