Epidémie de fièvre EBOLA : la chaîne sanitaire est brisée

Epidémie de fièvre EBOLA : la chaîne sanitaire est brisée © Commission Européenne

Paris, le 30 septembre 2014 – A la suite de la réunion de haut niveau des Nations unies du 25 septembre dernier, et deux jours après le déploiement en Afrique de l’Ouest de la mission des Nations unies pour la lutte contre Ebola, les ONG de Santé de Coordination SUD restent vigilantes à la concrétisation des engagements pour que soient mis en œuvre des moyens logistiques et humains à la hauteur de la virulence de l’épidémie et permettre ainsi à tous les malades d’accéder à des soins et traitements adaptés.

 
Selon les derniers chiffres de l’Organisation mondiale de la santé, publiés le 25 septembre, la fièvre hémorragique Ebola a fait 2917 morts en Afrique de l’Ouest sur 6263 cas, dont 1677 morts au Libéria, 635 en Guinée et 597 en Sierra Leone. Coordination SUD attire l’attention de la communauté internationale sur les conséquences catastrophiques de cette crise sur les systèmes de santé, sur son impact économique et social dévastateur.

 
Tout d’abord, le personnel soignant, en première ligne de la lutte contre Ebola, paye un lourd tribut : trop peu nombreux pour faire face aux besoins toujours croissants, manquant souvent d’équipements de protection et de formations adaptées, les services de santé voient les cas de contaminations se multiplier. « Cette crise désorganise les services sanitaires et hypothèque ainsi l’avenir, à moyen et long terme, des systèmes de santé de ces pays », déplore Eliane Aissi-Yehouessi, administratrice du Conseil des Béninois de France et de Coordination SUD.

Les centres de santé sont désorganisés ou contraints de fermer après des cas d’infection dans leurs murs. Aujourd’hui, l’urgence est à l’envoi de personnel soignant international et à la mise en place de centres de transit et de traitement vers lesquels référer les malades infectés pour les isoler, les soutenir et les soigner. Il faut aussi équiper et former le personnel soignant sur place, sensibiliser les populations et trouver des voies alternatives pour que les patients atteints d’autres pathologies puissent aussi continuer à être soignés. « En effet, les populations ont peur de se rendre dans les centres de santé, et c’est toute la prise en charge en santé qui doit s’adapter à ces évolutions : suspension ou arrêt de nombreuses consultations, fermeture de certains services, recherche de solutions alternatives pour la distribution des médicaments (notamment d’antirétroviraux, dont la prise régulière est indispensable) », précise Louis Pizarro, directeur général de Solthis et chef de file de la commission Santé de Coordination SUD.

Ensuite, la suspension des vols commerciaux sur Freetown et Monrovia, la fermeture des frontières terrestres des pays voisins et l’absence de garantie d’évacuation sanitaire pour l’ensemble des expatriés en cas d’infection, ont de terribles conséquences : départs massifs du personnel international, isolement des pays touchés, retards dans les approvisionnements, flambée des prix, hausse des coûts d’expédition de matériel et d’équipement de protection. Coordination SUD lance un appel au Gouvernement français et à l’Union Africaine pour que cesse la suspension des vols vers Freetown et Monrovia, pour la réouverture des frontières terrestres afin de rompre l’isolement des pays touchés. Les ONG françaises saluent l’engagement de la France, puis de l’Union européenne d’organiser un système de rapatriement sanitaire. Elles resteront cependant vigilantes à sa mise en œuvre, notamment à la garantie d’évacuation sanitaire en cas d’infection par le virus Ebola, qui doit s’appliquer aux professionnels de santé, du Nord comme du Sud, dans les pays touchés.

Enfin, alors que la France a promis de consacrer 70 millions d’euros à la lutte contre Ebola, la Commission européenne 150 millions d’euros et la Banque mondiale 400 millions de dollars, Coordination SUD appelle à la concrétisation rapide de ces promesses de dons pour que soient mis en œuvre les moyens logistiques et humains de contrôle de l’épidémie Ebola.

 
Face au risque majeur sans précédent que représente Ebola, seule une aide internationale globale sera à même de soutenir les pays de l’Afrique de l’Ouest touchés, dans la reconstruction de leurs systèmes de santé.

 


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