Parmi les éléments satisfaisant sur le papier, Coordination Sud note :
- la reconnaissance du rôle fondamental du Comité sur la Sécurité alimentaire (CSA) en tant que plate-forme participative regroupant tous les acteurs impliqués dans la mise en oeuvre de la sécurité alimentaire sous l’égide des Nations Unies. Les gouvernements, les organisations internationales, les organisations paysannes, les ONGs et le secteur privé seront ainsi parties prenantes du CSA, considéré comme un élément central du Partenariat mondial pour l’alimentation. De même, la déclaration invite chaque Etat à créer des mécanismes de dialogue avec les acteurs nationaux sur les question de sécurité alimentaire ;
- la réaffirmation du droit à une alimentation adéquate (paragraphe 16), de l’intérêt des achats d’aliments sur place et des marchés locaux (paragraphe 21) et du potentiel d’atténuation du changement climatique par l’agriculture durable (paragraphe 17) ;
- la reconnaissance de la pertinence de la Conférence internationale sur la réforme agraire et du développement rural (CIRADR), dont les recommandations constituent un rempart contre les accaparements de terre (paragraphe 18).
Mais si la communauté internationale s’engage à soutenir les petits agriculteurs, et notamment les femmes en consacrant des sommes significatives à l’agriculture et à la sécurité alimentaire, cette déclaration ne précise pas de manière explicite les moyens qui permettront d’atteindre ses objectifs. Comme trop souvent, la communauté internationale se sépare donc sans avoir décidé des mécanismes concrets et des modalités de financement qui lui permettront de mettre en musique les engagements qu’elle a pris, laissant le milliard de personnes souffrant de la faim dans le monde dans l’attente d’une réaction à la hauteur de l’enjeu.
De plus la déclaration ouvre des pistes que Coordination SUD juge dangereuses, notamment en matière de biotechnologies et d’agrocarburants, puisqu’elle ne précise pas que le droit à l’alimentation doit primer sur les objectifs énergétiques de la production d’agrocarburants. Enfin, l’accent mis sur le libre-échange et les négociations commerciales du Cycle de Doha est en parfaite contradiction avec la nécessité de privilégier les petits agriculteurs locaux, la production alimentaire locale et la sécurité alimentaire.
Alors que ce Sommet aurait du permettre de modifier fondamentalement les logiques de production et de distribution alimentaires afin de faire face à l’augmentation de la faim, les Etats membres se sont arrêtés à mi-chemin et n’ont pas pris les mesures durables qui peuvent permettre de nourrir le monde.
