7ème conférence ministérielle de l’OMC

NDS : La septième conférence ministérielle de l’OMC est la première réunion ministérielle des Etats membres depuis 4 ans. Dans quel contexte se tenait cette rencontre et quels en étaient les objectifs ?

Damien Lagandré : L’objectif de la conférence était de relancer l’OMC. Il fallait faire une conférence sans que ce soit un échec. Il s’agissait donc de ne surtout pas rouvrir les négociations pour éviter toute opposition frontale entre les blocs.

NDS : Vous avez suivi les trois jours de conférence : quels sont, selon vous, les principaux enseignements à tirer ?

Damien Lagandré : L’agenda des négociations internationales est particulièrement chargé avec le sommet de Copenhague et le sommet mondial de l’alimentation de Rome en novembre. Ce contexte aurait pu favoriser des négociations ambitieuses sur l’agriculture (reconnaître la suprématie du droit à l’alimentation sur le droit de l’OMC, par exemple). Pourtant, les négociations commerciales restent bloquées. L’équipe de négociateurs américaine n’est toujours pas au complet. Il n’y a même pas de consensus sur le texte à partir duquel négocier.

NDS : Quel a été le rôle du forum société civile dans cette rencontre ?

Damien Lagandré : La société civile a été active dans le forum parallèle. C’est la société civile qui a animé tous les débats de fonds. Les débats ont permis de soulever la question de la multiplication des accords de libre échange qui vont plus loin que l’OMC, de la participation de l’OMC au Comité sécurité alimentaire (CSA) réformé, ou encore de la protection des marchés pour développer les filières locales.

NDS : Quelles seront les suites données à cette conférence : une prochaine échéance ? Quel sera le rôle des ONG dans ce processus ?

Damien Lagandré : Pascal Lamy appelle de ses voeux une conclusion du cycle pour le développement en 2010. Cette échéance semble peu probable,mais les négociations pourraient s’accélérer si les Etats-Unis acceptent de négocier à partir du texte de Juillet 2008. Les ONG devront alors être particulièrement efficaces pour que le texte inclue un maximum de flexibilités pour protéger les agricultures familiales et respecte la souveraineté alimentaire des Etats.

NDLR : le cycle de Doha est une ronde de négociations sur la libération du commerce international, organisée sous l’égide de l’OMC. Son objectif est le développement des pays du Sud, et notamment les questions d’agriculture et d’amélioration de l’accès aux marchés des pays du Nord pour les produits agricoles des pays du Sud.