Violences au Soudan : le Secours catholique tire la sonnette d’alarme

Le Secours Catholique s’inquiète des conséquences de l’escalade de violence sur les populations civiles et demande un accès humanitaire le 16 juin 2011

A l’approche du 9 juillet, date de l’indépendance officielle du Sud Soudan, le Secours Catholique tire la sonnette d’alarme face à l’escalade de violence dans plusieurs régions, en particulier au Sud Kordofan (située à la frontière entre le Nord et le Sud), et s’inquiète du sort des populations civiles. Depuis le 6 juin 2011, des affrontements opposent les troupes gouvernementales de Khartoum aux forces affiliées au Sud, avec une campagne de bombardements menée par le Nord. Cette reprise du conflit a déjà provoqué le déplacement de plus de 60 000 personnes. Face à cette situation qui tend à s’étendre au-delà du Sud Kordofan, le Secours Catholique et ses partenaires soudanais demandent l’arrêt des exactions contre les civils et que l’accès humanitaire aux populations soit respecté.

Le Sud Kordofan est une zone stratégique dans le contexte de la prochaine indépendance du Sud Soudan car elle recèle les gisements de pétrole les plus importants pour Khartoum. C’est par ailleurs un Etat frontalier de deux autres régions sensibles, le Darfour, mais aussi Abyei, province annexée par le Nord mi-mai où les combats ont causé le déplacement de plus de 100 000 personnes. Une partie de la population du Sud Kordofan réclamait par ailleurs d’être rattachée au Sud Soudan et n’a pas été entendue. La tension monte donc particulièrement dans cette zone à l’approche de la partition, et depuis le début du mois de juin, les organisations humanitaires et d’Eglise sur place ne cessent d’exprimer leur inquiétude face à la détérioration sécuritaire dans cet Etat et son impact sur les populations civiles, dégradation qui commence désormais à s’étendre à d’autres régions et fait craindre un retour à la guerre.

Depuis le 6 juin, des combats ont éclaté au Sud Kordofan, à Kadugli, sa capitale, opposant les troupes gouvernementales de Khartoum  aux troupes affiliées au Sud. Selon les partenaires du Secours Catholique du diocèse d’El Obeid (Nord Kordofan), ces attaques, notamment via des bombardements aériens, ont été précédées d’une coupure de télécommunications totale quelques jours auparavant, et ne se sont pas interrompues depuis. Cette escalade de violence concerne actuellement 11 des 19 localités du Sud Kordofan et s’est étendue au-delà, dans le Comté de Pariang au Sud Soudan. Elle a provoqué le déplacement de plus de 60 000 personnes, de nombreuses victimes, et empêche un accès pourtant urgent aux populations. Les partenaires d’Eglises du Secours Catholique évoquent par ailleurs un ciblage fort inquiétant des populations africaines et chrétiennes par l’armée du Nord : arrestations ciblées, exécutions sommaires y compris aux portes des bases des Nations Unies.

Engagé de longue date au Nord et au Sud Soudan, le Secours Catholique appuie le plaidoyer de ses partenaires d’Eglise présents sur place et demande l’arrêt de cette campagne de bombardement et des exactions contre les civils. L’association exhorte également les différentes parties en présence à garantir l’accès aux populations pour les humanitaires ainsi que la sécurité de ces acteurs qui sont pris pour cibles. Le Secours Catholique dénonce enfin fermement les attaques contre les Eglises dans la région, à travers notamment l’arrestation et le meurtre de pasteurs et la destruction d’édifices religieux.