Solidarité internationale : quelles sont les propositions des candidats ?

Solidarité internationale : quelles sont les propositions des candidats ?

À l’occasion des élections présidentielles et législatives de 2017, Coordination SUD, qui regroupe 170 ONG, a demandé aux candidats de se positionner sur les quatre propositions et marqueurs d’engagement qu’elle leur a présentés. Les équipes de campagne de François Fillon, de Benoît Hamon, d’Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon ont reçu Coordination SUD, et ils nous ont adressé leurs engagements par écrit.

 

Que peut-on en retenir ?

 

Si Benoît Hamon et Emmanuel Macron font des droits humains, du développement durable et de la solidarité internationale une priorité de la politique internationale de la France, François Fillon, qui n’a pas formellement répondu à notre questionnaire, s’engage simplement à revoir les priorités de l’aide publique au développement française. Jean-Luc Mélenchon considère qu’il « est intolérable, à l’heure où le monde n’a jamais produit autant de richesses, que des centaines de millions d’êtres humains ne disposent pas du minimum pour vivre dignement ».La campagne présidentielle française n’a accordé que peu d’espace aux candidats pour s’exprimer sur leur vision de la solidarité internationale. Une approche a pourtant été particulièrement audible : celle qui veut faire de l’aide au développement un outil de gestion des flux migratoires.

 

MM. Mélenchon et Hamon se prononcent clairement contre la conditionnalité de l’aide. M. Macron tout en indiquant qu’il se prononce contre la conditionnalité de l’aide, se prononce en faveur d’ « aides additionnelles à l’APD (pouvant) servir à définir des pactes migratoires avec les principaux pays d’origine et de transit des migrants». M. Fillon, quant à lui, défend la conditionnalité de l’aide au respect des accords sur le contrôle des migrations en mettant en avant la nécessité de la lutte contre les filières de passeurs clandestins et la montée des extrémismes.Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon sont les deux candidats à s’être engagés à allouer 0,7% du revenu national brut consacré à l’aide publique au développement (APD) d’ici 2022. Jean-Luc Mélenchon précisant qu’il pourrait l’atteindre avant 2022. Emmanuel Macron opte pour un temps plus long avec « une trajectoire d’augmentation vers les 0,7%, à atteindre entre 2022 et 2030, en fonction des marges budgétaires ». François Fillon ne veut pas s’engager sur des promesses dont il ne peut assurer la tenue. MM. Hamon et Mélenchon s’engagent également à accroître la part des subventions dans l’APD.

 

Sur la mise en œuvre des ODD, Benoît Hamon s’engage à mener « un grand débat citoyen sur les ODD » et M. Macron confiera « la responsabilité du suivi de la mise en œuvre des ODD au Premier ministre ». Jean-Luc Mélenchon considère que les 17 ODD « seront évidemment une priorité. Mais ils ne pourront être atteints que grâce à des choix politiques structurels » : mettre fin aux guerres, annuler les dettes illégitimes, dénoncer les accords de libre-échange, etc.

Jean-Luc Mélenchon s’engage à faire « transiter 200 millions d’euros d’APD par les ONG dès 2017 et viser 1 milliard d’euros à l’horizon de 2022. ». MM. Hamon et Macron s’engagent à doubler la part de l’APD transitant par les ONG d’ici à la fin du quinquennat.

 

Enfin, Jean-Luc Mélenchon inscrira « la solidarité internationale et le développement comme des axes essentiels de la feuille de route du nouveau ministère des Affaires étrangères ». M. Hamon propose « l’inscription pleine et entière (de l’AFD) dans le ministère des affaires étrangères et du développement international » et Emmanuel Macron d’engager une réflexion sur la complexité du dispositif français de coopération.

 

Pour aller plus loin, voir l’analyse plus détaillée qui s’appuie sur les réponses au questionnaire, l’analyse des programmes des candidats et des annonces faites lors des différents rendez-vous avec Coordination SUD et autres déclarations publiques.

 

Découvrez-le dans le document d’analyse :